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samedi, 20 novembre 2010

DNA : Richert, ministre et président

Richert, ministre et président
Le pari d'une double efficacité

 

Un même homme peut-il assumer correctement deux fonctions aussi importantes que ministre des collectivités territoriales et président de la Région Alsace ? La tâche est-elle surhumaine ? L'engagement pris pendant la campagne de se consacrer entièrement à l'Alsace est-il rompu ?
Ce débat ne pouvait manquer de surgir hier en ouverture de la séance du conseil régional présidée pour la première fois par un président Richert devenu ministre. La charge a été menée par Antoine Homé, président du groupe PS et républicains, qui a « le sentiment déplaisant que l'élection à la région n'a été qu'un marchepied pour obtenir un maroquin ministériel », qui plus est « dans un gouvernement RPR canal historique ». Homé, qui fait rarement dans la nuance, se « soucie beaucoup » du fonctionnement d'un « exécutif constitué presque exclusivement de parlementaires ». Il rappelle la jurisprudence Jospin qui interdisait à un ministre d'être en même temps maire d'une grande ville. « Vous auriez mieux fait de vous consacrer à cette noble tâche » de président de la Région, conclut Antoine Homé.

« Difficile pour vous,
pratique pour nous »

Son allié écologiste Jacques Fernique aborde le sujet sous un tout autre angle. « Ce ne sera pas facile pour vous (de cumuler les deux fonctions) mais ce sera pratique pour nous puisque, sur la réforme des collectivités, nous pourrons dorénavant dialoguer avec l'État et l'interpeller en prise directe ». Et il ne s'est pas privé de se dire « atterré par cette loi de circonstance dictée par un État surendetté », mais il espère que le Richert ministre arrivera à contrer la « majorité conservatrice et l'administration jacobine. Nous savons que vous souhaitez un régime particulier pour l'Alsace, permettant la fusion des compétences des collectivités, avec une meilleure part de proportionnelle et de parité ».

« Pas d'exercice
solitaire du pouvoir »

Le frontiste Patrick Binder, pour qui la nomination de Richert au gouvernement est « un honneur pour l'Alsace », espère qu'il « continuera à être disponible pour les Alsaciens et à les écouter ».
Philippe Richert, tout en renvoyant à Homé les contre-exemples de Catherine Trautmann qui a fait une « mauvaise opération » en abandonnant Strasbourg pour le ministère de la culture, et des maires PS de Lyon et Strasbourg qui cumulent avec un mandat parlementaire, a réitéré son engagement d'être au service de l'Alsace et du pays. « Cela ne me paraît pas incompatible, car présider une collectivité n'est pas un exercice solitaire du pouvoir mais une gouvernance partagée ; elle ne demande pas une omniprésence sur tous les dossiers. »
Il est condamné à une double efficacité, nationale et régionale. On jugera en 2012 si le défi était à taille humaine.

 


Claude Keiflin

 

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dimanche, 14 novembre 2010

Réaction d'Antoine Homé à la nomination de Philippe Richert

 

Le 14 novembre 2010

COMMUNIQUE DE PRESSE

 

Réaction du Groupe des élus socialistes et démocrates au Conseil Régional à l’entrée de Philippe RICHERT au Gouvernement.

 

Il est de tradition que le gouvernement de notre pays compte un ministre Alsacien dans sa composition. Cela ne peut généralement qu’être bénéfique pour notre Région.

Toutefois, la nomination de Philippe RICHERT pose problème. En effet, il s’est engagé, au moment de son élection à la Présidence de la Région, à consacrer toute son énergie à cette mission.

Non seulement il n’a pas démissionné du Sénat, mais il rentre aujourd’hui au gouvernement. Cette nouvelle responsabilité, qui demande une plus grande disponibilité, lui donnera encore moins de temps pour la Région Alsace. Cela témoigne du peu d’intérêt qu’il porte au mandat qui lui a été confié en mars dernier.

De plus, son exécutif, avec l’entrée d’André REICHARDT au Sénat, est largement composé de Parlementaires, qui passent le plus clair de leur temps à Paris. Pourtant, notre Région, confrontée à une situation économique et sociale très difficile, a besoin de responsables régionaux disponibles et présents.

Il n’est pas acceptable que, dorénavant, les actions et les politiques engagées par le Conseil Régional d’Alsace soient décidées depuis Paris, même si Philippe RICHERT a soutenu le projet de recentralisation et de régression territoriale porté par le Gouvernement.

Pour notre part, nous demandons une Présidence de la Région à plein temps, pour qu’enfin se dessine une véritable vision pour notre Région et son avenir.

 

Antoine HOMÉ

Pour le groupe des élus Socialistes et Démocrates

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