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jeudi, 29 janvier 2015

Revue de presse du jeudi 29 janvier 2015

 

 

© L'alsace, Jeudi le 29 Janvier 2015
Quatre saisons

 WITTENHEIM.- Ce dimanche 15 février à Wittenheim les amateurs de confetti vont être aux anges avec un carnaval sur le thème des saisons. Pour autant pas trop de Vivaldi dans les rues mais plutôt la puissance sonore des Guggas. Départ du cortège depuis la mairie (vers 14 h 30) avec diverses guggas, troupes et associations de Wittenheim. Arrivée du défilé à la Halle au Coton (vers 16 h).

Y ALLER Dimanche 15 février départ à 14 h 30.


© L'alsace, Jeudi le 29 Janvier 2015
Colette Pétremant, chevalier des Arts et des Lettres

La Mulhousienne Colette Pétremant a été nommée chevalier des Arts et des Lettres. La directrice d'exploitation de la manufacture Pierre Hermé à Wittenheim, depuis 2008, a reçu récemment ses insignes au château de Versailles dans le cadre de sa mission de valorisation des savoir-faire. La commission des métiers a ainsi distingué un artisan d'une maison du comité Colbert, qui regroupe plusieurs entreprises du luxe français.

Son brevet professionnel de comptabilité en poche, Colette Pétremant obtient son CAP de pâtissier puis son brevet de maîtrise. Elle est parée pour assurer la pérennité de la boulangerie-pâtisserie familiale en Franche-Comté. Mais une rencontre va changer son destin professionnel. Lors d'un stage à l'École nationale de la pâtisserie, elle partage sa passion et sa conception du métier avec l'Alsacien Pierre Hermé, qui est alors chef exécutif chez Fauchon. « Nous partageons également certaines valeurs, le goût du beau et du bon, la rigueur dans le travail et l'envie de transmettre », indique Colette Pétremant, qui intégrera l'équipe de Pierre Hermé en 1990 avant de le suivre lorsqu'il crée sa maison en 1997. Elle est nommée chef exécutif en 2001 et ouvre les premières boutiques Pierre Hermé à Paris avant la manufacture de Wittenheim en 2008, qui emploie aujourd'hui 65 personnes. Ils étaient 28 salariés à l'ouverture. Cet outil de production de macarons et chocolats de luxe alimente les 35 boutiques Pierre Hermé du monde entier. La dernière vient d'ouvrir à Baku en Azerbaïdjan.

« J'aime bien guider les jeunes, être à l'écoute de ceux qui veulent évoluer »

« La manufacture va elle aussi continuer à s'agrandir en aménageant d'ici l'automne une nouvelle chocolaterie », souligne Colette Pétremant. L'occasion, pour elle, de continuer à transmettre son savoir-faire aux jeunes chocolatiers pâtissiers qui sont nombreux à postuler chez Pierre Hermé.

« J'aime bien guider ces jeunes, être à l'écoute de ceux qui veulent évoluer. Dans la maison, nous avons les moyens de les aider », confie Colette Pétremant, fière de pouvoir offrir cette chance toujours dans le souci de l'excellence.


© Dna, Jeudi le 29 Janvier 2015 / Mulhouse
Wittenheim  70e anniversaire de la Libération - Récit
Wittenheim «Votre exemple demeure»

Dimanche 1er  février, Wittenheim commémorera les 70 ans de sa Libération. Nous publions le récit du général Pierre Communal qui fut le commandant du bataillon ayant mené à la libération de Wittenheim à partir de Kingersheim.

« samedi 27 janvier 1945 : quatrième jour d'offensive pour le 3e bataillon du 6e Régiment d'Infanterie Coloniale. Engagé peu après le débouché de Mulhouse, le bataillon s'est heurté à une violente résistance des Allemands accrochés aux cités industrielles. Mais le commandement lui demande de ne pas relâcher son effort : il faut retenir vers Mulhouse les réserves allemandes afin d'assurer le succès des deux corps d'armée qui vont bientôt déboucher des Vosges centrales sur Colmar et Neuf-Brisach.

Dans l'immédiat, il nous faut prendre la cité Kullmann : c'est une agglomération de maisons ouvrières dominées à l'Ouest par la filature, longue bâtisse de plusieurs étages et de cent fenêtres de façade.

«Sont-ils morts, sont-ils encore vivants ? Ils ne bougeront plus pendant de longues heures»

Le 1er bataillon du 6e, venant de l'Ouest (cité Anna), débouche à 7h30, face à la fabrique. Il est immédiatement stoppé en terrain découvert. A la jumelle, je vois ses lignes de tirailleurs immobilisées, à demi enfouies dans l'épaisse neige gelée. Sont-ils morts, sont-ils encore vivants ? Ils ne bougeront plus pendant de longues heures.

Au 3/6, les deux compagnies disponibles mènent l'assaut sur la face Sud de la cité : la 9e a bondi sur les tranchées allemandes qui bordent les lisières ; elle les nettoie mais ne peut en déboucher car elle est prise à partie à courte distance par les mitrailleurs allemands embusqués dans les soupiraux des maisons ouvrières.

Je me rends auprès du capitaine Hime : vouloir à tout prix déboucher serait se résigner à une inutile boucherie de nos jeunes soldats. Qu'il se maintienne donc pour l'instant sur la position conquise mais qu'il reste à l'affût de toute éventualité favorable

Plus à l'Ouest, la 11e (capitaine Gavillot) s'est emparée de l'enclos de la villa d'ingénieur qui jouxte la muraille Sud de la fabrique. Cette muraille est maintenant en ruines et, à deux reprises, le capitaine Gavillot a lancé à l'attaque la section Le Tocquin. A deux reprises, l'aspirant et ses hommes ont pénétré dans la fabrique ; à deux reprises, ils en ont été repoussés. Par radio, Gavillot me rend compte qu'il ne peut renouveler de telles attaques suicides : le voilà donc bloqué lui aussi dans l'enclos de la villa.

Et cependant, c'est bien là l'endroit le plus favorable pour pénétrer dans la cité. C'est là qu'il faut reprendre l'effort. Seuls de nouveaux moyens de feux nous le permettront. Depuis le matin, j'ai à ma disposition le peloton de trois T.D. (chasseurs de chars) du lieutenant Roussel : ils sont embusqués ça et là, prêts à s'opposer à une éventuelle contre-attaque blindée. Je prends Roussel avec moi et, par bonds, nous parvenons à la villa. Nous montons au premier. Voilà une grande pièce aux meubles bouleversés, la cloison qui fait face à la filature est en partie effondrée.

Gavillot, Le Tocquin, trois ou quatre guetteurs sont là, tendus vers l'objectif. Un souvenir me saute à la mémoire. Je viens d'entrer dans la « maison des dernières cartouches » qu'a rendue célèbre pour tout marsouin le tableau commémorant cet épisode des combats de Bazeilles. Car, ici comme là, l'attitude de chacun exprime semblable détermination, semblable volonté de continuer la lutte.

«Vous êtes en tête, toute votre compagnie vous suivra pour vous épauler. Et ne vous laissez plus submerger comme ce fut deux fois le cas ce matin»

Ainsi, malgré pertes et échecs, le haut moral de tous ici va me permettre de reprendre l'attaque : pendant que Roussel fait avancer ses chars un à un, les dissimule derrière des pans de murs de part et d'autre de la villa, indique à chaque conducteur l'emplacement à prendre au signal donné et désigne à chaque tireur la brèche de l'usine qu'il aura à abattre, je prends à part l'aspirant Le Tocquin : « Mon petit, lui dis-je en substance, nous sommes bloqués de partout, notre seule chance de repartir en avant repose entre vos mains. Vous connaissez le chemin. Vous êtes en tête, toute votre compagnie vous suivra pour vous épauler. Et ne vous laissez plus submerger comme ce fut deux fois le cas ce matin. » J'ai parlé ave véhémence.

Aux derniers mots, Le Tocquin se redresse. « Mon commandant, je ne suis pas un lâche » me dit-il simplement. Emu, je lui serre les deux bras : « Je le sais, mon ami, et j'ai confiance en vous. »

«Mais il restait un chef de bataillon allemand, décidé à se battre jusqu'à la mort»

A 16h15, les trois chars ouvrent le feu, Le Tocquin bondit à la tête de sa section, pénètre dans l'usine ; à sa suite, la 11e compagnie nettoie et traverse la fabrique et s'empare, au-delà, du carrefour du cimetière.

De la villa d'où j'ai suivi l'action, j'ai alors la surprise de voir sur la gauche se dresser de leur linceul de neige les files de tirailleurs du 1er bataillon, immobilisées depuis plus de six heures : elles marchent à leur tour au combat.

Mon poste de radio m'a rejoint : j'ai la liaison avec le capitaine Hime : face à sa tranchée, l'ennemi, qui se sait débordé, commence à faiblir. La 9e compagnie sort de ses trous, poursuit à travers le coron les fuyards allemands et parvient avant la nuit sur la lisière Nord du village.

Wittenheim est pris, mais sans vous, Le Tocquin, qui vous trouviez au point crucial de l'attaque et qui, le premier, aviez jeté votre coeur sur l'objectif, nous aurions échoué ce jour-là.

L'offensive continua. Nouvel objectif du bataillon : la ville de Wittenheim. Les journées des 30 et 31 janvier, furent nécessaires pour en venir à bout. Dans la nuit du 30 au 31, les blindés allemands qui soutenaient la défense parvinrent à se dégager de la ville encerclée. Mais il restait un chef de bataillon allemand, décidé à se battre jusqu'à la mort : le réduit est l'école, solide bâtiment moderne, aux abords dégagés. Un commando régimentaire d'une quinzaine de marsouins parvient à y pénétrer : il est entièrement détruit en combat corps à corps.

«Le feu se concentre sur lui, un obus de bazooka l'atteint à la tête ; le jeune homme s'abat, tué sur le coup»

Alors Le Tocquin s'élance : à la tête des survivants de sa section il fonce à travers l'espace découvert. Le feu se concentre sur lui, un obus de bazooka l'atteint à la tête ; le jeune homme s'abat, tué sur le coup.

Ainsi, Le Tocquin, vous nous avez prouvé jusqu'à la mort que vous n'étiez pas un lâche. Vous aviez consenti à ne vivre que le printemps de votre vie. Votre exemple demeure. Puissé-je, mon ami, vous retrouver dans l'autre monde, au grand soleil de l'Eternité. »

Général de division (CR) Pierre Communal Ancien commandant du 3/6e RIC

09:54 Publié dans A Wittenheim | Lien permanent | |  Facebook | |

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