Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

lundi, 02 avril 2012

Un très haut débit qui arrive trop lentement

© L'alsace, Samedi le 31 Mars 2012 

 

Conseil régional  : Un très haut débit qui arrive trop lentement

 

Le Schéma d'aménagement numérique a pour objectif « la desserte généralisée du territoire alsacien en fibre optique jusquechez l'habitant en 2030 ». Photo Denis Sollier

 

Faire venir le très haut débit jusqu'à chaque logement alsacien ? Tous les élus régionaux ont approuvé hiercette idée. Mais beaucoup ont tiquésur la durée envisagée : l'objectif n'est annoncé que pour 2030.

 

L'ordre du jour était mince (deux points importants, mais deux points seulement), mais la séance plénière du conseil régional, hier, a démarré fort. Comme le président Richert, le leader socialiste Antoine Homé a tenu un propos liminaire. Et il l'a utilisé pour passer à l'offensive sur trois sujets absents de cet ordre du jour : le conseil d'Alsace, la Marque Alsace et le Bioscope. Avec en fil rouge une critique de la « méthode » employée, où l'assemblée serait « prise à la légère » et où « les vrais débats » n'auraient plus lieu dans son enceinte. Le socialiste a notamment regretté le huis clos décrété pour la première réunion du groupe projets du conseil d'Alsace (du coup, la voix de l'opposition n'a pas été entendue) et le coût des « agapes » de la présentation de la Marque Alsace (lire en page 44), que son groupe a boycottée. Concernant le Bioscope - « un véritable désastre ! » -, il a demandé « qu'un jour les responsabilités soient établies », et que l'on « réfléchisse collégialement à la reconversion » du site.

 

Sur ce dernier point, Philippe Richert ne l'a pas contredit : « On ne peut pas gagner à tous les coups... [...] Tous les groupes seront associés pour avancer sur ce dossier. » Pour le reste, le président a plutôt trouvé les déclarations de son collègue « ridicules »... Et chaque partie a accusé l'autre de « récupération ».

Une taxe pour financer la fibre optique ?

Très haut débit. - Ce point a fait l'unanimité, ce qui est rare. Mais il a dans le même temps soulevé beaucoup de questions. Il concernait l'adoption du Schéma directeur territorial d'aménagement numérique du territoire (SDTAN). Prévu par la loi, ce schéma est le plus souvent mis en oeuvre au niveau départemental ; en Alsace, il sera élaboré sous la maîtrise d'ouvrage commune de la Région et des deux Départements. En gros, le principe est de généraliser le très haut débit, avec « la desserte du territoire en fibre optique jusque chez l'habitant ».

 

Sur l'idée, personne n'a rien à redire. Sur la réalisation, les interrogations, venues des différents bancs, ont porté sur trois points : sa durée (le schéma s'achève en 2030), son coût (407 MEUR - millions d'euros - d'investissements publics) et sa gouvernance. « Ça ne fonctionnera pas avec trois copilotes, il faut un commandant de bord ! », a remarqué Jean-Marie Belliard (Maj. Als.), alors que son collègue Justin Vogel (Maj. Als.) suggérait la nomination d'un « Monsieur Très haut débit ». Ce même Justin Vogel a aussi osé envisager « une taxe ou contribution spécifique pour faire aboutir concrètement ce projet ». Pour la période 2012-2020, les collectivités alsaciennes devront débourser 100 MEUR (60 % pour la Région et les deux Départements, et 40 % pour les communes et communautés de communes). « Si on peut aller plus vite, on le fera », a promis Philippe Richert, qui n'a pas relevé la proposition de contribution financière...

 

Strasbourg-Entzheim. - Le problème de l'aéroport de Strasbourg-Entzheim est connu : ses taxes aéroportuaires (20,46 EUR) sont deux fois plus importantes - au moins - que chez ses concurrents transfrontaliers, Bâle-Mulhouse (8,54 EUR côté suisse) et Baden-Karlsruhe (10,26 EUR). Un plan est mis en oeuvre pour réduire ce différentiel et la Région y participera dans un premier temps à hauteur de 420 000 EUR. L'objectif est d'abaisser la taxe strasbourgeoise d'une petite dizaine d'euros dans les prochaines années - et de compter deux millions de passagers annuels (le double d'aujourd'hui) d'ici fin 2014.

 

La délibération a suscité l'abstention du Front national - « On fait payer aux contribuables des cadeaux faits à de grandes entreprises comme Air France », a estimé Huguette Fatna - et l'opposition des écologistes : « Nous ne comprenons pas pourquoi la Région verserait plus de 2 MEUR d'ici 2015 pour mener la bagarre du dumping social entre aéroports voisins ! », a lancé Jacques Fernique, qui s'est aussi étonné du fait que cette dépense ne figurait pas dans le récent budget 2012. Philippe Richert a répondu en liant l'enjeu de l'aéroport à celui du statut européen de Strasbourg.

 

La présidente du Comité régional du tourisme, Marie-Reine Fischer, a profité de ce point pour annoncer une bonne nouvelle : « Air France a confirmé l'ouverture prochaine à Strasbourg de lignes vers Rome et Vienne. »

 

© Dna, Samedi le 31 Mars 2012 / Région

Politique Conseil régional : Pour un aéroport concurrentiel

 

 

André Reichardt, Philippe Richert, François Bouchard (directeur général des services de la Région) et François Loos, de gauche à droite.

 

Le conseil régional apportera son soutien à l'aéroport de Strasbourg-Entzheim et sa quote-part à la mise en fibre optique à très haut débit de toute l'Alsace d'ici 2030.

 

L'ordre du jour du conseil régional, hier matin, était « relativement léger », de l'aveu même du président Philippe Richert. Les dossiers étaient les mêmes qu'au conseil général du Bas-Rhin lundi : l'aéroport de Strasbourg-Entzheim et le Schéma directeur territorial d'aménagement numérique pour l'Alsace (SDTAN) -- étudié à Colmar par le conseil général du Haut-Rhin ce même jour (voir ci-dessous).

 

Une « légèreté » qui a permis à la politique de reprendre ses droits, à trois semaines de la présidentielle. Antoine Homé (PS) a attaqué bille en tête. Il s'est dit « choqué » par le huis-clos imposé la semaine précédente au Groupe projet du Conseil d'Alsace ; il s'est étonné qu'on ne parle pas de la Marque Alsace en séance plénière (voir page 13) ; il s'est indigné qu'on n'évoque pas « le désastre du Bioscope » et sa « nécessaire reconversion ».

 

« C'est ridicule ! Ne feignez pas de découvrir ce dont on vous a informé à temps ! », s'est irrité Philippe Richert. La Groupe projet fonctionne « comme une commission » ; le comité de pilotage de la Marque Alsace s'est réuni à sept reprises ; et, pour le Bioscope, « le conseil régional aura à en débattre ».

 

Après ce croisement de fer, le débat a été plus serein. Le SDTAN a recueilli l'unanimité des élus. Ce schéma prévoit, en phases successives, le maillage en fibre optique jusqu'à chaque foyer alsacien d'ici 2030, pour y permettre l'accès au très haut débit, a rappelé Gilbert Scholly (UMP), vice-président en charge de l'aménagement du territoire.

La baisse des redevances aéroportuaires

Le débat a été plus vif sur l'aéroport d'Entzheim. Là aussi, il s'agit d'une opération groupée, en l'occurrence avec le conseil général du Bas-Rhin et la communauté urbaine de Strasbourg. La région y mettra 420 000 EUR, a expliqué Antoine Herth, vice-président en charge des transports. L'objectif est de permettre la baisse des redevances aéroportuaires, pour mettre Entzheim, jusqu'ici trop cher, au niveau des aéroports voisins.

 

« Oui à un aéroport justement calibré et adapté à sa vocation européenne », a expliqué Jacques Fernique (Europe Écologie Alsace). Mais non à « ce plan de relance coûteux, illusoire, contraire au Grenelle de l'environnement ». Son groupe a voté contre.

 

Le PS, en revanche, a voté pour. Le mécanisme, a expliqué Anne-Pernelle Richardot, « permettra à l'aéroport de faire face aux distorsions de concurrence qui ont permis à l'aéroport de Baden-Baden de siphonner celui de Strasbourg ! » Mais le PS souhaite un Schéma régional des transports qu'il ne voit pas venir. Le FN, lui, s'est abstenu.

 

André Reichardt (UMP), par ailleurs membre du conseil de surveillance de l'aéroport, a estimé qu'il y avait « pour la première fois, une véritable stratégie de développement » de la plateforme. « Strasbourg sans aéroport ne garderait pas son statut européen », a conclu le président Richert.

10:19 Publié dans En Alsace | Lien permanent | |  Facebook | |

Les commentaires sont fermés.