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lundi, 26 mars 2012

Conseil d'Alsace : première réunion du groupe projet

© Dna, Dimanche le 25 Mars 2012 / Région

Une Alsace maximale ?

 

Le Groupe représente la Région, les Départements, mais aussi les communes, les parlementaires, et les socioprofessionnels.
Le « Groupe projet » chargé de dessiner les contours du futur Conseil d'Alsace a été officiellement installé hier à Strasbourg. Il se réunira à cinq reprises avant l'été, y compris pendant la période électorale.

Ce n'était qu'une séance d'installation, un peu solennelle, et, en principe, peu bavarde : la première réunion des 50 membres du Groupe projet -- et de bon nombre de leurs 47 suppléants -- a quand même vu 17 d'entre eux intervenir en séance.

Le huis-clos avait été décidé, « pour éviter les grandes déclarations de principe », a expliqué Philippe Richert à l'issue de la rencontre. Un huis-clos qu'a trouvé « choquant » Antoine Homé, responsable du groupe socialiste et démocrate du conseil régional, « alors qu'on nous parle de collégialité et de transparence ! »

De fait, le ton semble avoir été plutôt au consensus. Charles Buttner, notamment, a parlé du « bel édifice de la nouvelle collectivité que nous appelons tous de nos voeux ». Mais le président du conseil général du Haut-Rhin a rappelé qu'il ne fallait pas se contenter « d'une coquille vide, d'un machin sans compétences stratégiques [...] un leurre aux yeux de nos concitoyens, un miroir aux alouettes ! »

Rémy With, son premier vice-président, a surenchéri. Il a insisté sur la « proximité » que le futur dispositif devrait conserver avec la population. Sur le mode de scrutin, il l'accepte mixte certes, mais « essentiellement destiné [...] à faire des futurs élus du Conseil d'Alsace les représentants des 74 cantons qui constituent notre région ».

Les « atermoiements internes des trois présidents UMP »

Pour les élus écologistes, Jacques Fernique a insisté sur la nécessité que ce projet, qui passera par un référendum, soit « populaire » et que soit bien distingués la création du Conseil et le « programme politique tranché » que choisira ensuite sa majorité. Antoine Homé a déploré « les atermoiements internes des présidents UMP » qui ont retardé cette première réunion « jusqu'à trente jours du premier tour des présidentielles ». Il a insisté sur « la nécessité que tous les sujets soient mis sur la table et la population associée aux travaux ».

L'intervention la plus discordante a été celle de Raphaël Nisand, chef de file de l'opposition socialiste au conseil général du Bas-Rhin. Opposé au Conseil d'Alsace tel que proposé actuellement, il a promis d'animer « le comité du non » dans ces futurs débats.

«Une mission historique»

Philippe Richert avait cité en ouverture Albert Schweitzer : « Le bonheur est la seule chose qui se double si on le partage ». Dans la fusion Région-Départements qu'il espère, il voit « un maximum d'efficacité de l'action publique, de pertinence dans la conduite des politiques publiques, de démocratie locale, de proximité avec chacun de nos territoires. » Bref, une « Alsace maximale » à laquelle il a appelé le Groupe projet à travailler pour « une mission proprement historique ».

Concrètement, le Groupe est invité à cinq, peut-être six réunions avant l'été sur les thèmes des politiques publiques, des compétences, de l'environnement institutionnel, de la gouvernance, du futur référendum. Mais c'est à l'automne que seront mises par écrit -- et dans la recherche du consensus -- les propositions qui auront été élaborées.

Jacques Fortier

« Les deux candidats majeurs de l'élection présidentielle, Nicolas Sarkozy et François Hollande, ont annoncé publiquement qu'ils portent intérêt à ce processus [du Conseil d'Alsace], qu'on peut compter sur eux. Merci à eux. »


 

© L'alsace, Dimanche le 25 Mars 2012 

 

Au-delà des partis, une même attente et une certaine exigence

 Au sein du groupe projet, il y a les élus politiques et les socioprofessionnels. Certains se sont exprimés hier matin, d'autres pas.

« Il y avait une forte attente que ce groupe projet se mette en place », rappelle le président du Conseil économique, social et environnemental (Céser) d'Alsace, qui avait appelé à plusieurs reprises, depuis mai 2011, à sa réunion. Dans son intervention, il a rappelé que son assemblée travaille sur le sujet depuis 2007.

« Très vigilants »

« Le rythme des réunions nous convient. Nous serons très vigilants sur les convergences des politiques publiques et surtout sur la gouvernance », relève-t-il, en précisant que les représentants du Céser rendront compte au fur et à mesure des travaux aux commissions. À son côté, le président de la Chambre régionale d'agriculture, Jean-Paul Bastian, observe que les trois Chambres d'agriculture ont entamé la même démarche vers une chambre unique. « Mais notre projet est plus mûr... »

Pourtant, d'aucuns - qui ont participé au congrès à Colmar - regrettent, comme le député de Colmar et conseiller général Eric Straumann (UMP), que « certains ont refait la séance du 1er décembre, sans nouvel argument ». Selon lui, « il est temps de rentrer dans le concret ». Même commentaire de son collègue écologiste Henri Stoll : « On a dit qu'on voulait une seule entité alsacienne et on a tous voté dans ce sens. Tout le reste, c'est du pipeau ! Le grand souci, c'est la représentation, avec quelle dose de proportionnelle... et combien de cantonniers ? »

« Question claire »

Pour Jacques Fernique, porte-parole d'Europe-Ecologie au conseil régional, « la qualité démocratique du conseil d'Alsace n'est pas neutre ». « Il faut trouver la forme pour faire progresser la parité. Sur 97 membres du groupe projet, il y a 17 femmes, et heureusement qu'il y a les suppléantes », ironise-t-il, en ajoutant, qu'« en termes de compétences et de moyens, il ne suffit pas d'additionner ceux des trois collectivités, mais de faire un vrai travail ».

« C'est une bonne réunion qui répond enfin à mes attentes », ne cache pas Jo Spiegel, conseiller général PS et vice-président délégué de la M2A, et défenseur de longue date du conseil d'Alsace. Il insiste sur l'importance des experts dans le processus et si possible d'une animation extérieure des groupes. « Il faut aussi au minimum un aller-retour systématique vers la population, sinon on ne gagnera pas le référendum », plaide-t-il, en répétant que « la question posée doit être claire ». Enfin, « il faut donner du sens au conseil d'Alsace, avec une organisation simple qui prenne en compte les territoires de vie... »

Plus offensif, tout en défendant le projet, Antoine Homé, porte-parole des élus PS et démocrates au conseil régional, a déploré que « cette réunion se tienne, après bien des atermoiements, à trente jours de la présidentielle ». « Pas question de donner un chèque en blanc, nous jugerons sur le contenu. Il devra être d'autant plus consensuel qu'en cas d'alternance, la future majorité aura à voter le projet », a-t-il soutenu, en s'étonnant de l'organisation de la matinée, avec une conférence de presse des trois présidents, sans autres représentants du groupe projet. « On ne peut pas prôner le débat collégial et l'instrumentaliser... »

Enthousiasme

Difficile d'en juger, mais d'aucuns ont senti « un certain enthousiasme » dans le groupe projet, pour reprendre l'expression du maire de Thann, Jean-Pierre Baeumler (PS), plutôt heureux de retrouver le conseil régional. Même sentiment chez la sénatrice Fabienne Keller (UMP), une des rares femmes présentes hier matin, qui a été conseillère régionale et générale. « Le positionnement des uns et des autres a été plutôt constructif. Il y a un travail à faire sur la réalité des territoires », observe-t-elle. Une même attente, au-delà des divergences...

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