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mercredi, 22 février 2012

Mobilisation d'Antoine Homé contre la fermeture des classes dans le Haut-Rhin

© L'alsace, Mercredi le 22 Février 2012

Vallée de la Thur : très forte mobilisation dans les villages

Après avoir « occupé » l'école maternelle de Husseren-Wesserling (photo), les manifestants se sont rendus à l'école élémentaire.  Photos Marie-Odile Baudemont

 

Pour protester contre le projet de carte scolaire et les suppressions de poste dans l'Éducation nationale, les parents d'élèves et élus ont souvent choisi, en accord avec les enseignants, une nouvelle forme de mobilisation, les « occupations d'école ».

À Husseren-Wesserling, parents d'élèves et municipalité se sont retrouvés à l'école maternelle, où le maire Bernard Steiger a fait un discours bien senti contre l'alternance d'ouvertures et fermetures, qui ne permet pas de travailler dans la sérénité. « Nous sommes tous en colère contre cette politique désastreuse pour l'école et cette année en particulier, nous nous élevons contre la suppression de nombreux postes de Rased ». Le conseiller général Jean-Jacques Weber et le conseiller régional Antoine Homé se sont joints à la manifestation, qui s'est rendue ensuite à l'école élémentaire.

À Moosch aussi, l'école maternelle était occupée, symboliquement et pacifiquement. Le maire José Schruoffeneger s'est exprimé avec « la double casquette de maire et d'enseignant », refusant que l'État, pour réduire ses dépenses, choisisse de sacrifier l'école de la République. Lui aussi s'est élevé contre la quasi-suppression du Rased, qui pénalise davantage encore les enfants en difficulté.

À Malmerspach, la commune a entrepris d'importants travaux à l'école élémentaire et trouve très inconfortable de se sentir en permanence sous la menace d'une fermeture. Le maire, des conseillers municipaux ainsi qu'une bonne vingtaine de parents et grands-parents se sont déplacés dans les deux écoles pour faire connaître leur soutien au mouvement de protestation.

À Kruth, Saint-Amarin et dans d'autres villages encore, par des grèves ou des occupations de locaux, ce 21 février semble avoir été une journée de forte mobilisation.

 

© L'alsace, Mercredi le 22 Février 2012 

Geishouse Forte mobilisation à Geishouse

Hier, dans toutela vallée de la Thur,la mobilisationdes écoles étaità la hauteur du mécontentementet des inquiétudes.

À Geishouse, la municipalité et des parents d'élèves étaient venus en nombre, dès 9 h, occuper l'école, pour protester contre la fermeture annoncée d'une des deux classes. Le maire Gilles Steger a témoigné avec conviction de son engagement dans une allocution très applaudie. Avec amertume et indignation, il a affirmé qu'il irait jusqu'au bout de son action : « j'entrerai en résistance et en désobéissance s'il le faut ! ».

Il était entouré de sympathisants et d'élus, venus lui faire part de leur solidarité. Le Collectif du 14-juin était présent pour prêter main-forte aux parents d'élèves. Le conseiller régional Antoine Homé, maire de Wittenheim et candidat PS aux prochaines législatives, a salué « le discours pugnace et très engagé » de Gilles Steger. « S'attaquer à l'école, c'est s'attaquer au village dans son ensemble ! », a-t-il déclaré en félicitant les personnes présentes pour leur mobilisation.

Jean-Jacques Weber, conseiller général et parent d'élève, son fils étant scolarisé à Geishouse, s'est élevé contre une approche comptable des effectifs, mettant en avant le caractère spécifique des villages de montagne. Il a fait état d'une motion votée au conseil général en faveur d'un moratoire sur la fermeture des classes et les suppressions de postes.

 

© L'alsace, Mercredi le 22 Février 2012 

 

Education Journée école morte à Merxheim et à Fessenheim

 

Enseignants, parents d'élèves et élus se sont mobilisés, hier à Merxheim, pour protester contre la fermeture d'une classe de l'école élémentaire. Photo Charles Herby

 
Pour protester contre les fermetures de classes et les suppressions de postes d'enseignants spécialisés dans l'aide aux élèves en difficulté, les parents d'élèves de Merxheim et de Fessenheim se mobilisent.

« Nous sommes tous concernés car l'année prochaine nos enfants seront 30 ou plus dans des classes qui comporteront en plus trois niveaux différents. Ce n'est pas acceptable » grondent les parents d'élèves en colère. Hier, ils ont massivement décrété l'école morte en n'envoyant pas leurs enfants en classe. « C'est un signe fort qui démontre leur soutien aux enseignants et leur inquiétude pour l'avenir de leurs enfants », indique Patrice Fluck, le maire de Merxheim.

Dans cette commune, l'Inspection académique du Haut-Rhin envisage de fermer une classe à l'école élémentaire à la prochaine rentrée scolaire, alors que le nombre d'élèves scolarisés sera le même que cette année et que sept élèves supplémentaires au moins sont prévus dès la rentrée 2013.

Roland Braun, adjoint au maire de Merxheim, regrette que « les seuils de fermeture de classe soient établis en fonction du nombre de postes à supprimer et non pas avec le souci de garantir un enseignement de qualité aux élèves dans des locaux adaptés à l'effectif ».

80 000 postes supprimés en cinq ans

Dans le Haut-Rhin, 108 postes, dont 55 postes d'enseignants spécialisés dans l'aide aux élèves en difficulté doivent être supprimés à la rentrée prochaine.

« C'est le résultat de la politique de non-remplacement d'un enseignant sur deux partant à la retraite. Depuis cinq ans, 80 000 postes ont été supprimés dans l'Éducation nationale » commente Claudine Braun, la directrice de l'école. « Pour Merxheim, cela veut dire que demain les classes seront surchargées et qu'en plus on ne pourra plus apporter l'aide nécessaire aux élèves en difficulté. Le Rased de Rouffach dont dépend notre école a déjà perdu un poste l'année dernière, aujourd'hui les deux enseignants spécialisés restants sont obligés de concentrer en priorité leurs efforts sur les élèves de CP. Qu'en sera-t-il l'année prochaine ? » (lire également l'encadré ci-contre)

Les prochaines échéances électorales ont visiblement eu pour effet de mobiliser les élus puisque le conseiller régional, Antoine Homé, venu soutenir les parents d'élèves et les enseignants a rappelé que « revenir sur la politique de suppression de postes dans l'Éducation nationale était une priorité absolue du candidat François Hollande ». Quant à Étienne Bannwarth, il a décrété : « Il faut se battre et se mobiliser lors des élections présidentielles ». Interpellé sur la politique menée par le gouvernement qu'il soutient, le député Michel Sordi s'est exprimé par voix de communiqué « même si je partage avec le gouvernement l'objectif de réduction des dépenses publiques, il me semble nécessaire d'apporter une attention particulière à la ruralité. »

« Déshabiller Paul pour habiller Pierre »

Parents d'élèves et enseignants ont pris acte de ces marques de soutien sans pour autant oublier que l'enjeu dépasse aujourd'hui l'école de Merxheim.« Si nous réussissons à sauver notre classe ce sera au détriment d'une autre école. Il faut mener une action collective pour lutter contre les 108 suppressions de poste annoncées dans le Haut-Rhin » a souligné Christian Lidolff, l'ancien maire de Merxheim. Une jeune grand mère de Lautenbach Zell est venue témoigner en ce sens : « L'année dernière, malgré la mobilisation des parents, une classe a été fermée dans notre école alors qu'à Bollwiller, qui est un bourg plus important, la classe menacée a été sauvée. Mon sentiment c'est qu'on déshabille Paul pour habiller Pierre ».

Fessenheim mobilisé également

Les représentants de parents d'élèves de l'école primaire, maternelle et élémentaire, de Fessenheim ont eux aussi organisé une journée école morte afin de soutenir l'avenir de l'école et des élèves. Le mouvement a été suivi par la quasi-totalité des familles puisque le taux des absents a atteint les 85 %. En classe, sur 273 élèves, seuls 25 élèves de l'école primaire étaient présents et 16 en école maternelle. « Nos revendications sont le maintien des effectifs du Rased pour une réussite de tous les élèves et des ouvertures de classes à des seuils moins élevés » précisent les enseignants et les parents d'élèves. L'école de Fessenheim est, en effet, concernée par la suppression du poste d'enseignant spécialisé dans l'aide aux élèves en difficulté qui couvrait environ 10 écoles, soit 80 élèves, et la non-ouverture d'une classe de maternelle bilingue alors qu'on prévoit des effectifs de plus de 32 enfants par classe l'année prochaine.

 

 

© Dna, Mercredi le 22 Février 2012 / Guebwiller 

 

merxheim -- BUHL Des classes menacées de fermeture
Se mobiliser pour espérer

Parents d'élèves, enseignants, habitants et élus s'étaient donné rendez-vous hier matin à l'école élémentaire La Rocaille de Merxheim pour dire non à la fermeture d'une classe.

Faire prévaloir une logique pédagogique plutôt qu'une logique comptable. Parents d'élèves, enseignants et élus étaient réunis hier matin dans la cour de l'école élémentaire La Rocaille à Merxheim pour défendre la classe (sur 4 actuellement) menacée de fermeture.

Seulement 4 élèves sur les 81 que compte l'école élémentaire La Rocaille, se trouvaient dans ses murs hier. Les parents d'élèves ont répondu massivement à la « journée école morte », qui ne portait d'ailleurs pas très bien son nom hier matin puisqu'à défaut d'élèves, ce sont de nombreux parents, habitants, élus et enseignants qui faisaient vivre l'endroit, pour réclamer le maintien de la classe mise à mal par les nouveaux seuils régionaux d'ouverture et fermeture de classes.

Un seuil qui fait passer de 82 à 85 le nombre d'élèves minimums pour l'ouverture de quatre classes à la rentrée de septembre 2012. « C'est la première année où l'on est si bas en nombre d'élèves. Mais ce n'est pas scandaleux d'avoir des classes de 20 élèves, au contraire, c'est mieux pour les enfants ! » interpellait la directrice, Claudine Braun. Il n'empêche, à l'heure actuelle, La Rocaille semble promise à un avenir à trois classes.

Une modification qui, outre des effectifs plus élevés par classe, provoquerait l'apparition d'une classe de triple niveau... et une éventuelle suppression d'un des cinq postes d'enseignants. Rien de plus logique, et de choquant, pour Antoine Homé, conseiller régional et maire PS de Wittenheim, qui voyait là le résultat d'une politique nationale : « Je suis ici pour dénoncer la politique de fermeture des classes qui met à mal l'Education nationale depuis 2002. Cela doit cesser ».

« L'académie réagira en fonction de la mobilisation »

À ses côtés, Annick Schermesser, attachée parlementaire de Michel Sordi, était présente pour rappeler que le député UMP du Haut-Rhin, retenu à Paris, soutenait la mobilisation des parents d'élèves et enseignants de Merxheim. Une position qu'avait du mal à admettre Étienne Bannwarth, s'en prenant ouvertement à la politique de Nicolas Sarkozy et de l'UMP.

Le conseiller général, s'appuyant sur l'exemple de Bollwiller (Ndlr, une forte mobilisation avait permis la sauvegarde d'une classe menacée de fermeture pour la rentrée 2011), voyait encore des raisons d'espérer : « Si vous êtes tous prêts à vous mobiliser, alors je vous soutiendrai et nous irons demander une entrevue à l'inspection ». Un auditoire réceptif puisque convaincu que les choses peuvent encore évoluer. « L'académie a un certain volant de postes, elle réagira en fonction de la mobilisation » assurait l'adjoint au maire de Merxheim, Roland Braun.

L'annonce de fermeture d'une classe est d'autant plus ressentie comme une injustice par les Merxheimois que l'inscription de 7 élèves supplémentaires est prévue pour la rentrée 2013. « Mais d'ici là, qui nous dit que 88 élèves, ça sera suffisant pour conserver quatre classes ? Le seuil sera peut-être déjà passé à 90... » déclarait, un brin désabusé, le maire Patrice Fluck.

L'inspection académique doit faire ses comptes au mois de juin, mais en fonction d'éventuelles modifications des inscriptions d'élèves durant l'été, des ajustements pourraient être faits en septembre. Merxheim comme bon nombre de communes dans le Haut-Rhin (voir le récit de la journée école morte à Roggenhouse, page 38), doit continuer à prendre son mal en patience.

 

© Dna, Mercredi le 22 Février 2012 / Thann 

Thur et Doller Écoles maternelles et primaires
Forte mobilisation

De nombreux parents et élus ont occupé la classe des enfants en maternelle à Geishouse, à l'appel du maire Gilles Steger, rejoint par Jean-Jacques Weber et Antoine Homé. De plus, le collectif du 14 juin a été réactivé et a coordonné les actions.

Hier, les vallées de la Thur et de la Doller ont vu l'occupation de nombreuses écoles primaires et maternelles ainsi que des défilés dans les rues. Parents d'élèves, enseignants, syndicats et même élus protestent contre la fermeture de classes en raison de la suppression de postes d'enseignants et de Rased ainsi que des coordinateurs de RPI.

les mots ne manquaient pas, hier, pour critiquer les nouvelles suppressions de postes dans les écoles maternelles et primaires, en particulier les Rased (Réseau d'aide spécialisée aux élèves en difficulté). Plusieurs maires de la vallée de la Thur sont venus occuper les écoles avec de nombreux parents d'élèves, avant la réunion de fin d'après-midi au conseil général. Occupations en lien avec le collectif du 14 juin qui a été réactivé pour l'occasion. « Pour ne pas perturber les enfants », la classe continuait. Mais un tiers des établissements étaient totalement fermés, comme à Willer-sur-Thur, Vieux-Thann... Sur la circonscription de Thann, le quart des enseignants étaient en grève, selon l'Inspection académique.

Le maire de Geishouse a été le plus virulent dans ses propos, défendant bec et ongles sa classe de maternelle menacée de fermeture alors qu'il « y aura 10 élèves l'année prochaine, soit quatre de plus que cette année. En tout, l'école comptera un enfant de moins avec 23 élèves au total ».

Attaquer le coeur du village

Gilles Steger, qui dit avoir pourtant fait des efforts pour attirer dans sa commune de jeunes familles, réclame l'application de la circulaire portant sur la prise en compte des caractéristiques montagnardes de son école. « Je vais en faire un combat politique et entrer en désobéissance s'il le faut. »

Et Jean-Jacques Weber, conseiller général, d'ajouter que « l'État veut faire des économies en supprimant des postes mais le conseil général devrait alors payer le transport scolaire jusqu'à Moosch ! On ne va pas exposer des petits enfants à cette route de montagne difficile. D'autant que les effectifs ne sont pas en baisse, il n'y a aucune justification à la fermeture ».

Antoine Homé, maire de Wittenheim et conseiller régional, est venu soutenir son confrère et ami mais aussi vanter les solutions proposées par le PS en vue des prochaines présidentielles. « En secteur de montagne, l'école est le coeur du village et s'attaquer à l'école, c'est s'attaquer au coeur du village même. C'est insupportable et inadmissible ! », a-t-il affirmé.

L'école comme source de vie pour le village a aussi été évoquée par d'autres maires. « Je m'arrête parfois devant l'école juste pour entendre piailler les enfants dans la cour de récréation. C'est le plus beau bruit du monde », sourit José Schruoffeneger, maire de Moosch devant une quinzaine de parents venus s'interroger sur l'avenir de leurs enfants, en solidarité avec les autres établissements. « Ce qui me choque, c'est que l'Éducation Nationale ne soit pas choquée de mettre des enfants de CP avec des CM2 ! », s'offusque une maman.

Situation inquiétante pour les Rased

Alors qu'actuellement 300 élèves (sur 1 600) de Saint-Amarin à Bitschwiller sont aidés par quatre membres du Rased, l'an prochain, la suppression de certains de ces postes pourrait impliquer le fait que « les écoles jugées non prioritaires ne vont plus recevoir d'aide du Rased ». Or, Emmanuelle Rebischung constate que « de plus en plus d'enfants sont en difficultés et elles sont de plus en plus complexes. Avec les suppressions de Rased, on ne travaille plus en équipe, on n'échange plus avec les parents et nous perdons en efficacité sur le terrain ».

En outre, la journée de réseau d'école permettant de préparer des sorties sera supprimée pour les directrices Gwladys Doppler d'Husseren-Wesserling, Estelle Binsinger de Geishouse et Estelle Diemunsch de Mitzach. Ce qui menace directement leurs remplaçantes.

Les parents d'élèves parlent souvent d'une première occupation, mais pas de la dernière. « Si la seule chose qui nous reste à faire c'est du bruit, alors on nous entendra ! », assure une maman.

18:30 Publié dans En Alsace | Lien permanent | |  Facebook | |

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