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mercredi, 11 mai 2011

Discours du 10 mai 2011 sur la Place de la Concorde

DISCOURS d’ANTOINE HOME - 10 MAI 2011

PLACE DE LA CONCORDE A MULHOUSE

30EME ANNIVERSAIRE DE LA VICTOIRE DE FRANÇOIS MITTERRAND

 

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Chers amis, chers camarades,

 

Il y a 30 ans, jour pour jour, sur le plateau d’Antenne 2, en même temps qu’apparaissait sur l’écran le dessin du visage du nouveau Président de la République, Jean-Pierre Elkabbach prononçait cette phrase historique : « François Mitterrand est élu président de la République ».

 

Cette élection était l’aboutissement d’une longue marche vers le pouvoir. Cette victoire était la victoire d’un homme, d’une volonté, mais c’était également la victoire du Parti Socialiste et de tout le peuple de Gauche.

 

Cette longue marche avait été ponctuée d’étapes importantes, de la création de la Convention des Institutions Républicaines, au Congrès fondateur du Parti Socialiste à Epinay en 1971, en passant par le programme commun, sans oublier les batailles politiques internes comme le Congrès de Metz en 1979.

 

Souvenons-nous de ces moments importants pour le Parti Socialiste et des débats intenses qui rythmaient la vie de notre Parti !

 

Chers camarades,

 

François Mitterrand aura été le dernier grand Président. Il laisse une trace importante dans l’histoire de France et restera le Président qui aura été le plus longtemps en exercice : 14 années de pouvoir, malgré la maladie, malgré les péripéties et la cohabitation.

 

En 1988, il a été réélu brillamment en réunissant largement les français autour de lui. La « France unie », c’est François Mitterrand… loin de la France actuelle du « tous contre tous » de Sarkozy.

 

Celui qui voulait « changer la vie », cet homme à la culture impressionnante, qui incarnait l’homme d’Etat, à la stature impressionnante était aussi cette « force tranquille » qui avait permis de redonner espoir à tout une nation.

 

Bien entendu, la conquête du pouvoir par François Mitterrand reste pour nous un modèle. Il nous a appris que la Gauche doit s’unir pour gagner. Il nous a appris qu’il ne faut jamais avoir peur, que le courage en politique est une valeur incontournable et chacun se souvient de sa position sur la peine de mort dont il avait annoncé qu’il l’abolirait devant les téléspectateurs.

 

François Mitterrand, c’était tout l’inverse de ce que nous connaissons désormais au sommet de l’Etat.

 

Mitterrand aimait les Français, c’était un provincial, élu de Château-Chinon dans la Nièvre, habitué de l’auberge du Vieux-Morvan, aimant par-dessus tout cette terre de France qu’il aimait sillonner.

 

Chacun garde des souvenirs de ses passages, notamment ici à Mulhouse, lors du meeting de 1981 au Palais des Sports.

 

Les socialistes aux affaires sous la conduite de François Mitterrand et de Pierre Mauroy ont permis à la France d’entrer dans l’ère moderne.

 

La 5ème semaine de congé payé, c’est nous. Les 39 heures, c’est nous. La retraite à 60 ans, remise en cause par Nicolas Sarkozy, c’était nous. L’abolition de la peine de mort, dont j’ai parlé à l’instant c’est encore nous ! Sans oublier l’ISF, aujourd’hui quasi en voie de suppression.

 

Alors qu’aujourd’hui l’Etat renfloue les banques qui ont spéculés sur le marché boursier, François Mitterrand nationalisait les banques et les grandes entreprises. Le terme même de « nationalisation » parait désuet aux yeux de certains à notre époque, 30 ans après… Et pourtant dans le fond, les socialistes n’avaient-ils pas vu juste ?

 

L’une des autres grandes réformes et dont j’observe avec amusement que les mêmes élus de droite qui l’ont combattu jadis lui rendent hommage aujourd’hui…

 

Voulue par François Mitterrand et mise en œuvre par Gaston Defferre, la décentralisation a permis de donner un réel pouvoir aux élus locaux. La création de Région, la fin de la tutelle des Préfets sur les Conseils Généraux… la France de François Mitterrand était moderne, la France de François Mitterrand était la France que nous aimons, un pays généreux, en cohérence avec son histoire !

 

Pour autant, chers amis, nous ne devons pas sombrer dans la nostalgie.

 

Comme François Mitterrand, nous devons nous tourner vers l’avenir. Souvent, nous cherchons celui ou celle qui incarnera le même espoir que Mitterrand… c’est un fait. Faut-il cependant cet homme providentiel ? Peut-être, mais notre force, à un an de l’élection présidentielle, cette élection capitale qui doit nous permettre de redonner l’espoir aux français, notre force, mes chers amis, c’est notre collectif.

 

Les primaires doivent nous permettre de désigner notre candidat, il faudra choisir le meilleur, celui ou celle qui doit nous permettre de gagner, de battre la Droite et l’extrême-droite : oui, mais nous devons aussi gagner sur nos valeurs. La Gauche doit remettre la France en marche, elle doit relancer l’économie, elle doit défendre l’environnement et elle doit replacer les valeurs de la République, de la Liberté, de l’Egalité et de la Fraternité au centre de la République.

 

« Quand la France rencontre une grande idée, elles font ensemble le tour du Monde » disait celui que nous célébrons aujourd’hui.

 

Oui, la France doit retrouver sa place sur la scène mondiale, elle doit redevenir cette grande nation porteuse d’espoir pour le monde, mais aussi pour celles et ceux qui la composent. Voilà l’héritage de François Mitterrand, voilà le chemin que nous devons tracer.

 

Pour ce faire, nous disposons désormais d’un projet, un projet socialiste solide et sérieux. A nous de choisir notre candidat et à nous aussi de nous rassembler derrière lui pour le porter, avec les français aux responsabilités.

 

Bien sur, nous repensons toujours avec joie à l’épopée de 1981. Notre présence ce soir le prouve. Mais qu’aurait espéré plus que tout François Mitterrand… ? Il voulait ouvrir la voie : il ne doit pas rester l’unique Président de la 5ème République issu des rangs du Parti Socialiste, il doit simplement rester le premier et un premier inoubliable !

 

Dans ses Mémoires interrompus, François Mitterrand nous fixait un cap que nous devons absolument suivre dans les douze prochains mois :

 

« Je crois pour demain comme hier à la victoire de la gauche, à condition qu’elle reste elle-même. Qu’elle n’oublie pas que sa famille, c’est toute la gauche. Hors du rassemblement des forces populaires, il n’y a pas de salut. »

 

Chers camarades, chers amis, suivons cette voie et demain, l’espoir peut renaître !

 

 

 

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