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dimanche, 27 juin 2010

L'Alsace : Conseil Municipal du 25 juin 2010

Wittenheim « De la ville collage à la ville parc »

 

L'étude de structuration du territoire communal préconise de garder la vocation agricole du Mittelfeld et de « redéfinir ses franges », comme ici la rue de la Forêt, en « liaisons douces ». Photo Laurent Schneider

Pour la dernière séance du conseil municipal de Wittenheim avant les vacances, le menu était chargé vendredi soir. Les élus se sont notamment penchés sur l'avenir du territoire communal. Rien que ça.

Étude de structuration du territoire communal, parc de loisirs et stratégie photovoltaïque, trois gros dossiers, sans compter de nombreux autres points, étaient à l'ordre du jour de la réunion du conseil municipal de Wittenheim, vendredi soir.

Le report du trampasse mal

Près de quatre heures de séance (sur lesquelles nous reviendrons également dans une prochaine édition), qui a débuté par un sujet d'actualité : le report des extensions Est et Nord du tram, qui doit être entériné par le conseil d'agglomération lundi soir (notre édition de vendredi). Le maire Antoine Homé a réexprimé ses regrets face à cette décision prise pour des raisons budgétaires, tandis que les opposants Patrick Pichenel et surtout Maurice Haffner n'ont pas mâché leurs mots contre ce report et la M2A (Mulhouse Alsace agglomération). « On est en train de nous prendre pour des canards sauvages ! », s'est exclamé le premier. « Qu'on arrête de prendre le Bassin potassique pour des connards ! », a renchéri le second.

Après ces mouvements d'humeur, une belle unanimité a régné au sein de l'assemblée municipale, notamment pour la présentation de l'étude dite de structuration du territoire communal, que la Ville a confiée au bureau Vidal consultants l'an passé. Cette étude, comprenant trois volets (habitat, déplacements et environnement), porte sur l'élaboration de schémas d'aménagement de certains quartiers de Wittenheim et sur des esquisses d'aménagements de voies. Plus simplement, elle propose un projet de développement de la commune à long terme, « une perspective à 20-25 ans », a précisé le maire. Antoine Homé a d'ailleurs rappelé les voeux de la municipalité dans ce domaine : « Nous voulons rester à l'échelle d'une ville moyenne (16-17 000 habitants), préserver les zones vertes, stopper l'extension des zones commerciales et privilégier la réutilisation des friches existantes et des bâtiments vacants ».

Wittenheim dans 25 ans

Les consultants ont donc intégré ces objectifs dans leur étude et sont venus présenter au conseil municipal les grandes orientations de ce que pourrait être Wittenheim dans 20-25 ans, orientations rassemblées dans un document, sous-titré « De la ville collage à la ville parc ».

La restructuration urbaine tourne autour de deux vastes terrains : la Zac Bosquets du Roy et le Mittelfeld. « C'est rare d'avoir un espace agricole comme celui-ci au sein d'une commune », a fait valoir l'architecte présent. Il est ainsi prévu de pérenniser la vocation agricole du Mittelfeld, de limiter l'urbanisation à sa périphérie avec des petits collectifs, de redessiner les franges de cet espace comme des lieux de promenade accessibles à tous -- la rue de la Forêt en fait partie -- et de constituer à partir de là un réseau de « liaisons douces » (pistes cyclables, cheminements piétons), qui feraient le lien entre les quartiers. Pour la Zac Bosquets du Roy, il est aussi question de conserver un espace non urbanisé -l'étude parle d'une « prairie urbaine »-, mais aussi de poursuivre une urbanisation plus qualitative, avec petits collectifs, habitat individuel et aménagements paysagers -- on évoque même un « écoquartier ».

Route de Soultz rétrécie

En ce qui concerne les déplacements, l'étude s'est penchée sur la route de Soultz (RD429), axe de desserte de la zone commerciale, qui voit passer près de 15 000 véhicules par jour. Il est préconisé de la faire « fonctionner à long terme comme une ''deux fois une voie urbaine'' », de réduire le nombre de tourne-à-gauche et d'accès directs vers la zone commerciale et de faire la part belle à des « aménagements qualitatifs » et paysagers tout le long de cette route.

Pour ce qui est de l'environnement, il s'agit de maintenir les « principaux corridors biologiques » (forêt du Nonnenbruch, Nord et Est de la ville), de renaturer les berges et les cours d'eau, d'améliorer la biodiversité...

« Au coeur de notre démarche écologique »

Le maire s'est félicité de ce « beau projet », qui « inverse la perspective », à savoir : « On part désormais de la trame verte pour voir comment on construit la ville. On est là au coeur de notre démarche écologique ». Une démarche qui a fait l'unanimité chez les élus wittenheimois. Patrick Pichenel a juste semblé sceptique sur la possibilité de mettre la route de Soultz à « deux fois une voie ».

Pour faire évoluer la structure et l'image de Wittenheim vers une « ville durable », le conseil municipal a aussi décidé de lancer une procédure de révision du plan local d'urbanisme (Plu), qui doit intégrer les orientations de cette étude et pour laquelle la population sera concertée.

Magali Claudel


08:56 Publié dans A Wittenheim | Lien permanent | |  Facebook | |

L'Alsace : Fabius dénonce un recul démocratique

Réforme territoriale Fabius dénonce un recul démocratique

 

Laurent Fabius avec Antoine Homé et Denis Wiesser, 1er secrétaire de la fédération du Haut-Rhin.

Photo Jean-François Frey

L'ancien Premier ministre socialiste, Laurent Fabius, est venu mercredi soir dernier à Wittenheim, dire tout le mal qu'il pense du projet gouvernemental de réforme territoriale.

Quelque 140 personnes ont assisté, mercredi soir à Wittenheim, à la réunion publique voulue par le maire (PS) de la commune, Antoine Homé, porte-parole de la gauche au conseil régional, consacrée au projet de réforme territoriale préparée par le gouvernement, en débat au Parlement. Le sujet, a priori aride, et l'horaire peu commode de la réunion (17 h 30) laissaient présager une assistance plus clairsemée, mais c'était sans compter avec la présence d'un hôte de marque : Laurent Fabius, justement chargé de coordonner le travail de contre-proposition du PS dans ce domaine...

Nombreux à sonner l'alarme

Et c'est peu dire que l'ancien Premier ministre est critique à l'égard de ce projet de réforme : « Si ce texte passe, il y a d'abord un risque d'assèchement financier des collectivités locales : la conjonction de dotations de l'État en baisse et de dépenses contraintes en forte hausse, comme l'APA ou le RSA va provoquer un redoutable ''effet ciseaux'' - et compte tenu du poids des collectivités locales en matière d'investissement, cela se traduira par des difficultés très sérieuses en terme d'emploi. Nous proposons, nous, de mettre en place un système de péréquation lissé sur dix ans, au sein des collectivités locales d'une même strate démographique, pour qu'à terme, aucune ne puisse avoir moins de 80 % ou plus de 120 % de la dotation étatique moyenne de ladite strate. »

« Nous sommes déjà nombreux à sonner l'alarme, à gauche comme au centre, et même un peu à droite, poursuit Laurent Fabius. Et la seule chose que Nicolas Sarkozy nous répond, c'est ''Je vais geler les dotations des collectivités locales pour les deux ans qui viennent''. Geler en euros constants, donc en fait diminuer... Et en serrant ainsi le ''kiki'' aux collectivités locales, dont beaucoup sont à gauche, le pouvoir reporte sur elles la charge de l'impopularité. »

Manip'électorale

Méthodique dans son réquisitoire, Laurent Fabius dénonce non seulement une « régression démocratique », une « recentralisation contraire au sens de l'Histoire », mais aussi une « manip'électorale ». Une régression, car ce projet « va porter atteinte à la parité, tout en éloignant les élus du citoyen : le conseiller territorial, si jamais ce projet est adopté, sera un animal étrange, conseiller général la nuit, conseiller régional le jour - et de préférence de droite, bien sûr... » ; une manipulation, car ladite réforme, à en croire les socialistes, ne fera qu'aggraver la distorsion politique déjà induite par le dernier redécoupage législatif « qui n'était déjà pas sans intention ». « Ce dernier a eu pour résultat que la gauche, pour remporter les législatives, doit désormais faire au moins 51,5 % des voix au niveau national -- ça n'est donc pas une affaire qui concerne juste les élus : c'est une affaire de démocratie !.»

Bref, qu'on se le dise, « ce projet de texte est si mauvais, que si nous gagnons la présidentielle de 2012, nous reviendrons dessus - d'ailleurs, si le gouvernement est si sûr de son fait, pourquoi ne consulte-t-il pas la population ? » Voilà, la question est posée... Mais Laurent Fabius a manifestement déjà une idée sur la réponse.

Emmanuel Delahaye

08:49 Publié dans Au PS | Lien permanent | |  Facebook | |

samedi, 26 juin 2010

L'Alsace : Report de l'extension du tram

Transports Report sine die pour les extensions du tram au Nord et à l'Est

 

L'arrêt Châtaignier, situé dans le quartier de Bourtzwiller, restera jusqu'à nouvel ordre un terminus... Archives Darek Szuster

Jo Spiegel a vendu la mèche mercredi soir, mais la M2A doit encore entériner cette grave décision lors du conseil d'agglomération de lundi prochain. Motif de ce report : le coût trop lourd de ces extensions dans le contexte économique actuel.

Douche froide, mercredi soir à Kingersheim, en ouverture de la séance du conseil municipal. Le maire (PS) Jo Spiegel, qui est aussi président délégué de la M2A (Mulhouse Alsace agglomération), a une annonce grave à faire : les projets d'extension du réseau de tram vers Kingersheim et Wittenheim (pour la branche Nord du réseau), ainsi que vers Illzach-Modenheim et le quartier mulhousien du Drouot (pour la branche Est) sont reportés à des jours meilleurs. La chose sera officiellement entérinée lors d'un vote du conseil d'agglomération, ce lundi 28 juin.

Une immense déception

« Il y a eu un débat assez intense au sein du bureau exécutif de la M2A à ce sujet, nous a précisé Jo Spiegel hier matin. Antoine Homé [N.D.L.R. : maire (PS) de Wittenheim] et moi sommes allés jusqu'au bout de ce qu'il était possible d'imaginer -- mais à l'heure actuelle, ça n'était tout simplement pas tenable d'un point de vue financier. Lundi prochain, une décision excessivement grave va donc s'imposer aux élus communautaires - une décision qui va faire prendre du retard au développement de la M2A, qui est à contre-courant du Grenelle de l'environnement et qui va constituer une immense déception pour les habitants de l'agglomération concernés... »

La seule décision responsable

« Je regrette vivement cette décision, parce que je suis persuadé que ces extensions sont nécessaires au développement de l'agglomération, renchérit Antoine Homé. Mais attention ! I l ne s'agit en aucun cas d'un abandon définitif ; juste d'un report, dû au coût de réalisation de ces deux extensions : 8,5 millions d'euros par an pendant 35 ans, soit près de 300 millions d'euros... La M2A ne peut pas supporter une telle charge financière dans le contexte économique actuel -- d'autant moins que la suppression de la taxe professionnelle et le gel annoncé des dotations de l'État pour trois ans étranglent déjà littéralement les collectivités locales ! »

La mort dans l'âme, les deux élus -- qui ont plaidé la cause de ces extensions du réseau pendant de longues semaines auprès de leurs collègues du bureau exécutif de la M2A -, ont fini par se résoudre à leur tour à ce report sine die.

Reste qu' à défaut d'avoir trouvé les marges de manoeuvres financières nécessaires, ils ont tout de même obtenu quelques contreparties.

« Trois points ont fait l'objet d'un accord au sein du bureau exécutif, détaille Antoine Homé. Premièrement, il est clair que ces extensions sont uniquement différées et qu'elles restent prioritaires ; la M2A s'engage ainsi à les relancer dès que le contexte le permettra. Deuxièmement, une ligne de bus express va immédiatement être mise à l'étude sur l'axe de la future extension nord, afin d'en constituer une préfiguration et de gagner en temps de transport. Enfin, la M2A va continuer à travailler à un meilleur équilibre des équipements communautaires, en relançant entre autres le projet de centre nautique de Wittenheim. La piste d'athlétisme de Pulversheim est aussi typiquement un équipement d'intérêt communautaire... »

Conclusion -- très provisoire -- de Jo Spiegel, qui peine malgré tout à cacher son amertume : « Dans le contexte actuel économique, ce report était la seule décision responsable... Mais si la M2A avait été créée il y a trois ans, ce sont 60 millions d'euros de bonus de plus que nous aurions collectivement reçus. J'espère au moins que cette crise sera l'occasion de renforcer l'unité de l'agglomération. »

Nul doute que le sujet suscitera encore bien des commentaires d'ici le vote du conseil communautaire, lundi soir prochain.

Emmanuel Delahaye

10:07 | Lien permanent | |  Facebook | |

L'Alsace : Report de l'extension du tram

Transports Report sine die pour les extensions du tram au Nord et à l'Est

 

L'arrêt Châtaignier, situé dans le quartier de Bourtzwiller, restera jusqu'à nouvel ordre un terminus... Archives Darek Szuster

Jo Spiegel a vendu la mèche mercredi soir, mais la M2A doit encore entériner cette grave décision lors du conseil d'agglomération de lundi prochain. Motif de ce report : le coût trop lourd de ces extensions dans le contexte économique actuel.

Douche froide, mercredi soir à Kingersheim, en ouverture de la séance du conseil municipal. Le maire (PS) Jo Spiegel, qui est aussi président délégué de la M2A (Mulhouse Alsace agglomération), a une annonce grave à faire : les projets d'extension du réseau de tram vers Kingersheim et Wittenheim (pour la branche Nord du réseau), ainsi que vers Illzach-Modenheim et le quartier mulhousien du Drouot (pour la branche Est) sont reportés à des jours meilleurs. La chose sera officiellement entérinée lors d'un vote du conseil d'agglomération, ce lundi 28 juin.

Une immense déception

« Il y a eu un débat assez intense au sein du bureau exécutif de la M2A à ce sujet, nous a précisé Jo Spiegel hier matin. Antoine Homé [N.D.L.R. : maire (PS) de Wittenheim] et moi sommes allés jusqu'au bout de ce qu'il était possible d'imaginer -- mais à l'heure actuelle, ça n'était tout simplement pas tenable d'un point de vue financier. Lundi prochain, une décision excessivement grave va donc s'imposer aux élus communautaires - une décision qui va faire prendre du retard au développement de la M2A, qui est à contre-courant du Grenelle de l'environnement et qui va constituer une immense déception pour les habitants de l'agglomération concernés... »

La seule décision responsable

« Je regrette vivement cette décision, parce que je suis persuadé que ces extensions sont nécessaires au développement de l'agglomération, renchérit Antoine Homé. Mais attention ! I l ne s'agit en aucun cas d'un abandon définitif ; juste d'un report, dû au coût de réalisation de ces deux extensions : 8,5 millions d'euros par an pendant 35 ans, soit près de 300 millions d'euros... La M2A ne peut pas supporter une telle charge financière dans le contexte économique actuel -- d'autant moins que la suppression de la taxe professionnelle et le gel annoncé des dotations de l'État pour trois ans étranglent déjà littéralement les collectivités locales ! »

La mort dans l'âme, les deux élus -- qui ont plaidé la cause de ces extensions du réseau pendant de longues semaines auprès de leurs collègues du bureau exécutif de la M2A -, ont fini par se résoudre à leur tour à ce report sine die.

Reste qu' à défaut d'avoir trouvé les marges de manoeuvres financières nécessaires, ils ont tout de même obtenu quelques contreparties.

« Trois points ont fait l'objet d'un accord au sein du bureau exécutif, détaille Antoine Homé. Premièrement, il est clair que ces extensions sont uniquement différées et qu'elles restent prioritaires ; la M2A s'engage ainsi à les relancer dès que le contexte le permettra. Deuxièmement, une ligne de bus express va immédiatement être mise à l'étude sur l'axe de la future extension nord, afin d'en constituer une préfiguration et de gagner en temps de transport. Enfin, la M2A va continuer à travailler à un meilleur équilibre des équipements communautaires, en relançant entre autres le projet de centre nautique de Wittenheim. La piste d'athlétisme de Pulversheim est aussi typiquement un équipement d'intérêt communautaire... »

Conclusion -- très provisoire -- de Jo Spiegel, qui peine malgré tout à cacher son amertume : « Dans le contexte actuel économique, ce report était la seule décision responsable... Mais si la M2A avait été créée il y a trois ans, ce sont 60 millions d'euros de bonus de plus que nous aurions collectivement reçus. J'espère au moins que cette crise sera l'occasion de renforcer l'unité de l'agglomération. »

Nul doute que le sujet suscitera encore bien des commentaires d'ici le vote du conseil communautaire, lundi soir prochain.

Emmanuel Delahaye

10:07 Publié dans A la M2A | Lien permanent | |  Facebook | |