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dimanche, 27 juin 2010

L'Alsace : Fabius dénonce un recul démocratique

Réforme territoriale Fabius dénonce un recul démocratique

 

Laurent Fabius avec Antoine Homé et Denis Wiesser, 1er secrétaire de la fédération du Haut-Rhin.

Photo Jean-François Frey

L'ancien Premier ministre socialiste, Laurent Fabius, est venu mercredi soir dernier à Wittenheim, dire tout le mal qu'il pense du projet gouvernemental de réforme territoriale.

Quelque 140 personnes ont assisté, mercredi soir à Wittenheim, à la réunion publique voulue par le maire (PS) de la commune, Antoine Homé, porte-parole de la gauche au conseil régional, consacrée au projet de réforme territoriale préparée par le gouvernement, en débat au Parlement. Le sujet, a priori aride, et l'horaire peu commode de la réunion (17 h 30) laissaient présager une assistance plus clairsemée, mais c'était sans compter avec la présence d'un hôte de marque : Laurent Fabius, justement chargé de coordonner le travail de contre-proposition du PS dans ce domaine...

Nombreux à sonner l'alarme

Et c'est peu dire que l'ancien Premier ministre est critique à l'égard de ce projet de réforme : « Si ce texte passe, il y a d'abord un risque d'assèchement financier des collectivités locales : la conjonction de dotations de l'État en baisse et de dépenses contraintes en forte hausse, comme l'APA ou le RSA va provoquer un redoutable ''effet ciseaux'' - et compte tenu du poids des collectivités locales en matière d'investissement, cela se traduira par des difficultés très sérieuses en terme d'emploi. Nous proposons, nous, de mettre en place un système de péréquation lissé sur dix ans, au sein des collectivités locales d'une même strate démographique, pour qu'à terme, aucune ne puisse avoir moins de 80 % ou plus de 120 % de la dotation étatique moyenne de ladite strate. »

« Nous sommes déjà nombreux à sonner l'alarme, à gauche comme au centre, et même un peu à droite, poursuit Laurent Fabius. Et la seule chose que Nicolas Sarkozy nous répond, c'est ''Je vais geler les dotations des collectivités locales pour les deux ans qui viennent''. Geler en euros constants, donc en fait diminuer... Et en serrant ainsi le ''kiki'' aux collectivités locales, dont beaucoup sont à gauche, le pouvoir reporte sur elles la charge de l'impopularité. »

Manip'électorale

Méthodique dans son réquisitoire, Laurent Fabius dénonce non seulement une « régression démocratique », une « recentralisation contraire au sens de l'Histoire », mais aussi une « manip'électorale ». Une régression, car ce projet « va porter atteinte à la parité, tout en éloignant les élus du citoyen : le conseiller territorial, si jamais ce projet est adopté, sera un animal étrange, conseiller général la nuit, conseiller régional le jour - et de préférence de droite, bien sûr... » ; une manipulation, car ladite réforme, à en croire les socialistes, ne fera qu'aggraver la distorsion politique déjà induite par le dernier redécoupage législatif « qui n'était déjà pas sans intention ». « Ce dernier a eu pour résultat que la gauche, pour remporter les législatives, doit désormais faire au moins 51,5 % des voix au niveau national -- ça n'est donc pas une affaire qui concerne juste les élus : c'est une affaire de démocratie !.»

Bref, qu'on se le dise, « ce projet de texte est si mauvais, que si nous gagnons la présidentielle de 2012, nous reviendrons dessus - d'ailleurs, si le gouvernement est si sûr de son fait, pourquoi ne consulte-t-il pas la population ? » Voilà, la question est posée... Mais Laurent Fabius a manifestement déjà une idée sur la réponse.

Emmanuel Delahaye

08:49 Publié dans Au PS | Lien permanent | |  Facebook | |

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