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mardi, 15 juin 2010

L'Alsace et DNA : Situation économique en Alsace

L'Alsace : « Faire confiance aux territoires »

 

Dans l'hémicycle de l'hôtel de la Région à Strasbourg. Photos J.-M. L.


Le président Philipe Richert avait souhaité aborder la question de la compétitivité de l'Alsace de « manièrepragmatique et ouverte ».Son vice-président, François Loos, a mené les débats.Morceaux choisis.

« Quel projet ? Quel dessein ? », a questionné d'emblée le maire de Wittenheim, Antoine Homé, en reprochant à la majorité du conseil régional de « ne pas avoir suffisamment anticipé la crise ». Le porte-parole de l'opposition de gauche a suggéré aussi de « réfléchir au développement d'actions collectives ». Dans la salle du conseil régional transformée en forum, les socialistes avaient retrouvé leurs marques. Mais les autres élus régionaux -- peu nombreux -- étaient installés au milieu des socioprofessionnels...

Bernard Marx, membre du Cesa (Conseil économique et social d'Alsace), secrétaire régional de la CFDT, a relayé « l'inquiétude des salariés ». « Je ne crois pas que ces quelques pistes répondent à l'ampleur de ce qui se passe en Alsace », a-t-il déclaré, en s'interrogeant sur le bilan des pôles de compétitivité que le vice-président François Loos avait esquissé dans son intervention. Au sujet du développement d'une voiture électrique, cher à l'ancien ministre, le syndicaliste a observé que d'autres Régions étaient sur les rangs. Le projet est-il pour autant abandonné ? La question est restée sans réponse.

En défense des pôles, Catherine Aubertin, animatrice du pôle textile Grand Est, a souligné que celui-ci « a permis de stabiliser les effectifs » dans le secteur. Tandis qu'Etienne Leroi, directeur général de NSC Schlumberger, s'est félicité de « l'importance du réseau » ainsi créé.

Des PME « trop petites, donc trop fragiles »

Pôles de compétitivité, mais aussi « pôles de compétences », a plaidé l'adjoint mulhousien Philippe Maitreau, en s'appuyant sur le travail réalisé en Sud Alsace -- salué par François Loos -- en demandant qu'« on fasse confiance aux territoires ». Il lui paraît « plus facile de recréer une économie endogène », y compris à travers l'économie sociale et solidaire. Et d'observer que les PME ont surtout des techniciens de niveau BTS ou licence.

L'un n'excluant pas l'autre, Marc Renner, directeur de l'Insa-Strasbourg, a rappelé l'objectif de « 1 000 ingénieurs formés par an » en Alsace qui n'est pas encore atteint. Et il a aussi insisté sur le cursus en allemand...

Il a aussi été question du soutien aux PME. « L'Alsace a beaucoup de PME de qualité, mais elles ne sont pas assez grandes, d'où une certaine fragilité », a relevé Michel Ronc, au nom de la société de capital risques Airfi, en estimant qu'il leur faudrait davantage de fonds propres.

Le spectre des fondsde pension

« Nous devons réfléchir à un fond de proximité pour éviter que nos entreprises soient rachetées par des fonds de pension », a convenu la députée UMPArlette Grosskost. Martine Binder (FN) a parlé des entreprises sans repreneur.

Plus concrètement, Denis Tritschler, directeur régional délégué d'Eiffage Grand Est, a évoqué « l'absence de lisibilité » dont souffrent les entreprises. Et d'interpeller la Région et les autres collectivités sur le lancement de chantiers comme le plan campus ou le GCO (Grand contournement ouest) de Strasbourg, toujours en attente.

Au nom d'un groupe de chefs d'entreprises réunis dans Utopia 2020, Patrick Depyl, son homologue de GDF-Suez, s'est interrogé sur « le bilan, en matière d'industrie et de recherche, de l'arrivée du TGV Est ». « Le débat est strasbourgeois. A-t-on fait assez ? Faut-il se dire que pour le TGV Rhin-Rhône on fera plus ? », a rebondi François Loos, en conseillant à son interlocuteur de « lancer Utopia 2012 »...

Y. B.

L'Alsace : Frustrant

 


Face à la crise dont nul ne conteste les effets sur l'économie alsacienne, qui se sont traduits en défaillances d'entreprises et en pertes d'emploi, même si face aux autres régions, l'Alsace continue de tenir son rang, les socialistes avaient demandé des « assises du développement économique, avec des documents et un ordre du jour », comme l'a rappelé hier leur porte-parole, Antoine Homé. Méfiant à l'idée d'une grand-messe, Philippe Richert a préféré s'en tenir à un « séminaire » auquel il a convié les représentants de l'économie, de l'enseignement supérieur et de la recherche, et des institutions financières. Pour la plupart, il s'agissait de responsables avec qui la Région entretient des contacts réguliers, en direct ou à travers le Conseil économique et social. Les pistes de réflexion -- proposées par l'ancien ministre de l'Industrie, François Loos, animateur du pôle « compétitivité de l'Alsace » -- découlent d'ailleurs pour partie des échanges que la nouvelle équipe a eus avec des décideurs alsaciens. Elles n'ont pas été contestées, même s'il y a eu l'une ou l'autre remarque plus critique. Sur le fond, le débat -- qui s'est résumé à une succession d'interventions... -- a été plutôt frustrant. On aurait aimé entendre quelques idées plus originales ou plus percutantes de la part de chefs d'entreprises finalement trop peu nombreux. L'une ou l'autre intervention s'est d'ailleurs démarquée de celles des institutionnels. Mais ce n'était qu'une première étape : rendez-vous lors de la présentation des mesures régionales.

DNA : Critiques, questions, suggestions

 

Voici quelques extraits des propos les plus significatifs entendus hier :

 Antoine Homé, président du groupe PS du conseil régional, fut le premier à intervenir, rappelant qu'il avait demandé des "assises du développement économique et de l'emploi". Déçu, il ne voit pas quel est le « projet, le dessein » de ce séminaire mais n'avance lui-même que deux pistes de réflexion : sur le développement de toutes les actions collectives et sur le besoin de mise en cohérence des transports. Bernard Marx, le secrétaire régional CFDT, ne pense pas lui non plus « que les quelques pistes proposées pour sortir de l'ornière suffiront vu l'ampleur des problèmes. Depuis une dizaine d'années, nous assistons à une baisse régulière de la valeur ajoutée produite par salariés. Il faudrait mener une action forte pour élever le niveau de qualification des personnes : c'est ainsi que l'Alsace sera demain plus attractive ».

Former d'avantage
d'ingénieurs

 Que les primes régionales en faveur de l'apprentissage ne soient pas très efficaces, comme l'a rappelé François Loos, le représentant de la Chambre de métiers d'Alsace, Jean-Pierre Bechler, le concède. « Ce qu'il faut, c'est changer l'image de l'apprentissage, il faut donner envie aux jeunes d'y aller, leur insuffler la passion de l'artisanat », a-t-il dit.
 Autre priorité : former d'avantage d'ingénieurs en Alsace. « Nous nous y employons », a répété Marc Renner, directeur de l'INSA- Strasbourg, l'Institut national des sciences appliquées, qui -avec les autres neuf écoles d'ingénieurs de la région- a fixé pour objectif 1 000 diplômés par an dans le cadre d'une convention avec la Région Alsace. « A l'INSA, nous allons atteindre l'an prochain les 300 ingénieurs formés par an et 50% d'entre eux auront une certification en trois langues, en anglais, en allemand et en français ».
 Mais la matière grise ne suffit pas, encore faut-il que les entreprises aient les moyens financiers de rebondir : « Beaucoup de firmes ont souffert avec la crise, elles repartent doucement, mais il leur faut des moyens et du temps, des fonds propres et de la trésorerie », a expliqué Gilbert Decker, dirigeant de la Sodiv. Michel Ronc, membre du directoire de Demeter Partners, fait le même constat : « Si rien n'est fait, bien des PME vont passer entre les mains de fonds de pension, les centres de décision seront ailleurs ». Pour l'éviter, il suggère de créer un fonds de proximité alimenté régionalement par les particuliers, notamment dans le cadre des possibilités de défiscalisation.

Le plan Campus

 Patrick Depyl, directeur régional de GDF-Suez, soulignant la grande chance de l'Alsace de voit se croiser bientôt deux TGV sur son territoire, demande ce que le premier a apporté en termes d'emplois industriels et de recherche, et comment faire pour que ces TGV soient de véritables outils de décentralisation ? Enfin Denis Tritschler, directeur régional d'Eiffage construction, s'inquiète des commandes publiques, alors que « l'effet plans de relance commence à s'essouffler ». Le plan Campus et de gros projets routiers sont au point mort, déplore-t-il. 600 millions d'euros doivent être investis d'ici 2020 dans le plan Campus, répond Sophie Rohfritsch, vice-présidente du conseil régional. Mais les premières réalisations ne devraient voir le jour qu'en 2012.


Chr. L. et C.K.

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