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dimanche, 11 janvier 2009

L'Alsace : Vœux municipaux Les saucisses ne connaissent pas la crise

Vœux municipaux Les saucisses ne connaissent pas la crise

 

À Sausheim, le buffet de vendredi soir a été « plus light » que les années passées. Photos Jean-François Frey

Les municipalités ont-elles révisé à la baisse leur budget pour la traditionnelle cérémonie des vœux, temps fort de la vie communale ? Nous avons fait le tour des 32 communes de notre édition mulhousienne. À chacun sa cuisine !

LES MODESTES. — Parmi les nombreuses communes du secteur, il y a celles qui ont toujours fait de cérémonies « modestes », dépensent entre quelques centaines d’euros voire un peu plus, jusqu’à 1 500, 2 000 , en fonction du nombre d’invités. Ce sont les adeptes de la convivialité alsacienne, kougelopfs, bretzels, saucisses chaudes et bière pression (Battenheim, Bruebach, Didenheim, Echentzwiller, Flaxanden, Galfingue, Heimsbrunn, Hochstatt, Richwiller…). Il n’est pas interdit de boire un verre de vin, mais vous ne trouverez pas de crémant sur les tables. « On ne fait rien de particulier et on fait des économies tous les ans », précise Edita Lamon, adjointe à Richwiller. « C’est difficile de faire des restrictions, nous indique-t-on à Galfingue, on a toujours été dans la restriction, on n’est pas une commune riche… » « Chez nous, c’est tout simple, saucisses et bièreEt c’est très apprécié ! », explique-t-on à Heimsbrunn. LES ÉCONOMES. — Il y a ceux qui sont adeptes de la simplicité par nature et ceux qui y viennent en raison de la conjoncture économique. Beaucoup de communes annoncent des coupes claires dans le budget « vœux ». En commençant par Rixheim qui réduit considérablement la facture. « On a divisé par plus que trois les frais, indique le maire Olivier Becht. On est passé de 30 0000 à 8 000E. » La méthode ? Un peu moins d’invités (500 au lieu de 800 environ) et la suppression du film sur la vie communale, effectué par une société extérieure, qui représentait à lui seul la moitié du budget (15 000 ).Même attitude économe à Zillisheim : la municipalité a opté pour une liste d’invités un peu réduite et un buffet « simplifié » (kougelopfs salés et sucrés, viennoises…) «On a diminué la facture de moitié, on est à environ 2 000E ». À Riedisheim aussi, ce sera moins faste que les années précédentes. « On est dans l’économie, nous dit-on à la mairie, c’est une obligation compte tenu du contexte économique. Ce sera une petite collation et de loin pas un buffet dînatoire… Mais on tient quand même à garder le caractère convivial. » La Ville attend un bon millier d’invités et prévoit un budget d’environ 4 500 , soit une diminution des dépenses de 30 %. LES « COMME D’HABITUDE ». — Il y a ceux qui n’ont rien changé. À Baldersheim par exemple, on tient à faire un pot « amélioré » et on garde l’option « traiteur ». « C’est quand même "la" cérémonie par excellence ». Pas d’excès cependant. Même son de cloche à Bantzenheim, où l’on ne renonce pas aux petits fours et au crémant. À Reiningue aussi, la qualité du buffet n’a pas été entamée. Toujours varié et généreux. Pas question non plus de modifier quoi que ce soit à Lutterbach où de toute façon, on s’est toujours contenté de viennoises et de kougelopfs, avec un budget nourriture estimé à moins de 1 000 pour 250 à 300 convives. Cette année a cependant été exceptionnelle, en raison de la venue des Max’s. Un coût supplémentaire certain mais un joli cadeau aux invités. LES GÉNÉREUX. — Une option de plus en plus partagée : les communes qui invitent tous les habitants. En plus de la liste habituelle des « forces vives » de la commune, des partenaires politiques et économiques, l’ensemble de la population est conviée, soit par un courrier personnel dans la boîte aux lettres, soit par une annonce dans le journal municipal.Elles sont assez nombreuses dans le secteur. Certaines procèdent ainsi depuis longtemps (Chalampé, Morschwiller-le-Bas, Ottmarsheim, Zimmersheim, Ruelisheim, Sausheim, Wittenheim, Hombourg, Petit-Landau…) D’autres y sont venues plus récemment : Pfastatt il y a trois ans, Mulhouse cette année.Cette générosité démocratique ne signifie pas pour autant une envolée des dépenses. Pfastatt par exemple, qui attend près de 500 convives, entend contenir la facture du buffet autour de 3 500 . Mêmes estimations à Ottmarsheim où le maire espère une réduction des frais de 30 % environ par rapport aux années précédentes.À Morschwiller-le-Bas, il y avait plus de 600 personnes dans la salle mais le coût du buffet (galettes, bretzels, pinot gris et bière) n’a pas excédé 1 400 .Tout en tenant à préserver un « grand rendez-vous démocratique où on rencontre l’ensemble de la population », le maire de Wittenheim Antoine Homé se réjouit de diminuer les frais de plus de 20 %. « En 2008, on avait dépensé 9 920 E pour le buffet, on est à 9 440 E cette année et en plus, toutes les boissons sont "bio", vins et jus de fruits ». Il faut ajouter à cela un cachet pour la prestation musicale divisé par deux par rapport à l’année dernière et un film sur la vie de la commune négocié au même prix. Dépenses globales : 19 000 en 2008, 15 500 en 2009.À Sausheim, le buffet de vendredi soir a été « plus light » (un peu moins de toasts et de miniardises, un peu plus de moricettes…). Avant la cérémonie, le maire Daniel Bux annonçait un coût prévisionnel de quelque 5 000 pour 500 à 600 convives. La prestation musicale a été assurée par les accordéons du Quatelbach, une association locale.Ruelisheim, qui ouvre aussi largement les portes aux convives (ils étaient environ 200), n’a pas voulu renoncer au buffet « traiteur » ni à la prestation musicale. Coût global : 4 000 .À Zimmersheim où généralement, la cérémonie des vœux attire une centaine de personnes, le nouveau maire Jean-Claude Mandry a fait appel à la pizzeria locale pour alimenter le buffet. « On devrait dépenser environ 1 000 E, pour une commune qui compte 1 000 habitants ». LES OPTIMISTES. — Parmi ceux qui ont décidé de ne pas se laisser entamer par la morosité ambiante, il faut citer la petite commune de Hombourg, moins de 1 000 habitants au dernier recensement. Non seulement tous les habitants sont invités, mais ils sont nombreux à venir (30 à 40 % du village) - et la commune leur offre un vrai repas de fête, assis à table. Coût de l’opération : 10 000 . « C’est un événement important dans la vie de la commune et nous ne voulons pas pénaliser l’économie locale. C’est aussi un soutien aux entreprises, notamment au boulanger du village », souligne le directeur général des services Jean-Claude Schilling.Même discours optimiste à Illzach, où la cérémonie des vœux 2009 qui a accueilli près de 500 personnes, a pris une connotation très politique, « Club des 22 » et grands conciliabules pour une nouvelle intercommunalité obligent. « Nous avons fait appel à un très bon traiteur, explique l’adjoint Claude Furtwengler. Je pense qu’on parle beaucoup trop de la crise. Il faut relativiser, soutenir les entreprises locales ! » Intitulé du buffet : « Le paradis des anges », Tout un programme ! Coût global : environ 10 000 sans les boissons. LES ASCÈTES. — Deux communes du secteur ont renoncé cette année à la cérémonie des vœux. À Niffer, le maire Jean-Luc Vonfelt a souhaité la bonne année à ses administrés dans le bulletin communal. À Kingersheim, le maire Jo Spiegel a décidé d’annuler la cérémonie en raison de circonstances particulières : la salle des fêtes, seul lieu communal susceptible d’accueillir 1 000 personnes (c’est le nombre habituel de convives) est en travaux. En 2008, la Ville avait dépensé en tout 20 000 , buffet, boissons et prestation musicale compris. « La location de chapiteaux aurait coûté 18 000 E supplémentaires », indique Christophe Devillers, responsable de la communication. Trop cher en ces temps de disette. LES CACHOTTIERS. — Sur l’ensemble des 32 communes contactées, deux maires ont catégoriquement refusé de communiquer sur les chiffres. C’est top secret à Petit-Landau « Ça n’intéresse que les habitants de Petit-Landau », indique le premier magistrat. Même discrétion absolue à Brunstatt. « Vous pouvez écrire que la réponse officielle de Brunstatt, c’est "comme d’habitude" - un point c’est tout ! », déclare le maire.Et bonne année à tous !

LIRE : Lire aussi dans notre édition d’aujourd’hui en page région l’article de Yolande Baldeweck.


Frédérique Meichler

10:40 Publié dans A Wittenheim | Lien permanent | |  Facebook | |

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