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vendredi, 19 décembre 2008

Presse locale : Budget primitif au Conseil Régional

DNA :

Conseil régional / Budget primitif 2009
Répondre à la crise coûte que coûte

 

La Région Alsace envisage de recycler dans le bâtiment et les travaux publics les économies dégagées sur les appels d'offres, dès le second semestre 2009. (Photo archives DNA)
Pour Adrien Zeller, le budget primitif 2009 de la Région Alsace qui s'élève à 866,6 millions d'euros illustre la réactivité et la pertinence de l'échelon régional face à la crise économique. L'opposition y décèle au contraire une absence de stratégie et dénonce la hausse de 6,5 % de la fiscalité.

La crise financière et économique est aussi venue bousculer les orientations budgétaires de la Région Alsace. Dans ce nouveau contexte, Adrien Zeller entend « adapter, enrichir et renforcer » l'action de sa collectivité pour stimuler au plus vite l'activité économique. Une ligne de conduite qu'il a tenue à développer avant même la discussion générale du budget primitif 2009.
La Région va d'abord mettre en place une « veille continue » avec l'État et le CESA pour adapter ses interventions. Elle proposera aussi la tenue d'une rencontre des exécutifs des grandes collectivités d'Alsace début février pour « coordonner » les investissements publics. Le conseil régional entend enfin recycler les économies obtenues sur les appels d'offres dans de nouveaux investissements dans le bâtiment et les travaux publics, au second semestre 2009. Le président envisage même une session extraordinaire en mars si nécessaire.
Pour Adrien Zeller, les meilleures mesures de soutien à l'économie seront à la fois « économiques, écologiques et sociales » en voyant dans cette crise « une opportunité » pour démontrer qu'« une démocratie régionale vivante et active est une chance pour notre pays dans une période difficile et imprévisible ».

Un « budget génétiquement
modifié » pour Patrick Binder

« Ce n'est pas parce que le gouvernement et les deux départements vous créent des problèmes qu'il ne faut pas proposer de stratégie », lance Jacques Bigot, le président socialiste de la CUS qui relève que la réalisation du budget a été « tellement difficile qu'il a fallu des amendements ».
Pour son collègue Antoine Homé, ce « budget d'accompagnement et de saupoudrage manque de souffle ». Il juge « pas raisonnable » le fait de « ponctionner massivement le portefeuille des Alsaciens » avec la hausse de 6,5 % de la fiscalité régionale (lire ci-contre).
Patrick Binder n'est pas plus enthousiasmé par ce « budget génétiquement modifié » et regrette que la Région soit contrainte de se tourner vers l'emprunt et la hausse de la fiscalité. L'écologiste Philippe Carbiener regrette quant à lui la « contradiction » de vouloir initier une politique de l'environnement en s'arrêtant à mi-chemin dans des domaines tels que les économies d'énergie et les énergies renouvelables.

« Aucune politique n'a
été mise en cause »

« Je constate que Jacques Bigot doit attendre le CESA pour se faire une opinion », réplique le centriste Jean-Jacques Fritz qui se réjouit des mesures annoncées par Adrien Zeller tout en s'inquiétant de ce qui se passe dans les « officines sarkozystes » qui parlent de structures et non de méthode dans la réforme des collectivités territoriales.
Le radical François Loos se réjouit de constater que toutes les priorités nécessaires pour répondre à la crise sont inscrites dans ce budget. « Nous ne sommes pas des apprentis sorciers ni des alchimistes. Nous agissons », répond-il à « la forme de royalisme » de Jacques Bigot.
« Entre le courage-fuyons et le repli identitaire, je suis fière d'appartenir à une majorité qui sait réagir », s'est félicitée Sophie Rohfritsch. Pour Justin Vogel, vice-président chargé de la commission des finances, ce budget de « vérité et de transparence » traduit la volonté de la Région de tenir « coûte que coûte » ses engagements et d'« investir au bénéfice des générations futures ».


Franck Buchy

En relief

 


L'ambiance était électrique hier matin à l'ouverture de la session budgétaire du conseil régional. Malgré l'incertitude sur la date des élections régionales - 2010 ou 2011 ? - on avait l'impression que la campagne électorale était déjà ouverte.
Davantage que les années précédentes, des jugements définitifs ont tenu lieu de débat général. La caricature n'était jamais très loin.

Ça sent
l'estrade
électorale

C'est Jacques Bigot (PS) qui a mis le feu aux poudres. Avant de sacrifier lui-même aujourd'hui aux joies de l'exercice budgétaire, le président de la CUS a pris soin de bien chauffer Adrien Zeller, lui reprochant de n'avoir ni vrai projet, ni vraie stratégie, y compris dans les domaines des énergies nouvelles et du développement durable dans lesquels le conseil régional se flatte d'avoir une longueur d'avance.
Antoine Homé, maire PS de Wittenheim, en a rajouté une couche, qualifiant de « préélectorales » les interventions de Zeller et de... François Loos, demandant de ne pas confondre l'« activisme » présidentiel avec l'« action », traitant la nouveauté du crédit bail fiscal de « mistigri » et de « tour de passe-passe ».
Il n'en fallait pas plus pour faire bondir le président. « Je ne laisserai pas dire que nous n'avons pas de projets. 90 % des régions de gauche sont jalouses de ce que fait l'Alsace ».
Et, in cauda venenum, Adrien Zeller a conclu par quelques remarques cinglantes à l'adresse des socialistes : « Moi je ne cumule pas les mandats, je fais mon boulot jusqu'au bout » ou encore : « Vous feriez bien de vous interroger sur les raisons de votre échec en 2004 » (aux régionales).
Les esprits se sont heureusement calmés l'après-midi. La situation économique exige des efforts sinon solidaires, du moins convergents. Comme le conseil général du Bas-Rhin, la Région Alsace prévoit déjà un "plan de relance" en février-mars.


Claude Keiflin

 

09:06 Publié dans En Alsace | Lien permanent | |  Facebook | |

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