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dimanche, 09 novembre 2008

Congrès fédéral du Parti Socialiste du Haut-Rhin

Haut-Rhin : la liquidation de l'ère Bockel

 

Denis Wiesser est candidat au poste de premier secrétaire fédéral du PS 68, fonction qu'occupe aujourd'hui Catherine Hoffarth qui se représente. (Photo DNA - F. By.)
En offrant une très forte majorité à la motion Aubry (48,79 %), les militants socialistes du Haut-Rhin ont cherché à s'affranchir d'une histoire de trente ans marquée par l'empreinte de Jean-Marie Bockel.

Personne n'en parle mais c'est dans tous les esprits. Les militants haut-rhinois du PS ont profité du congrès de Reims pour solder -  définitivement espèrent-ils - le « séisme » provoqué par le maire de Mulhouse. Avec 21,98 %, la motion Royal s'est fait distancer, et avec elle Catherine Hoffarth, la première secrétaire fédérale.

Pressions

Président de la CAMSA, Jo Spiegel est l'un des symboles visés par ce mouvement de balancier vers la gauche surtout visible dans l'agglomération mulhousienne. « La fraternité, je n'en ai pas vu le début du début dans cette campagne lamentable, a-t-il lancé aux militants. Je sais que c'était pour tuer le père Bockel et que tous ceux qui ont travaillé avec lui sont considérés comme des traîtres. Je ne cautionnerai par un PS qui pourrait être verrouillé et animé par des ambitions personnelles. »
« S'il y a eu une dérive au niveau local, a expliqué Jean Landras (motion Delanoë), ce n'est pas pour autant que l'idée social-démocrate n'est pas une idée de progrès ». Marie Bailen (motion Royal) a stigmatisé « les pressions téléphoniques, les mots violents et les propos indécents » qui ont ponctué selon elle la campagne interne et Bruno Deltour (motion Hamon) a dénoncé « l'absence de logique nationale et fédérale » d'un scrutin « troublé par les baronnies locales où l'on tire au canon ».
Antoine Homé et ses camarades attribuent leur victoire aux valeurs portées par la motion Aubry comme la lutte contre les inégalités ou la défense du service public. Mais ils savent qu'ils ont aussi gagné la fédération grâce à une campagne très offensive et à l'activation d'un réseau efficace.

Esprit sportif

Leur motion remporte la majorité absolue dans les différentes instances dont le conseil fédéral, le bureau fédéral et l'union régionale. « Il faut garder l'esprit sportif et laisser de côté les blessures », s'est contenté de répondre à Jo Spiegel le maire de Wittenheim.
Secrétaire de la section de Soultz, Denis Wiesser est leur candidat au poste de premier secrétaire fédéral. Forte des 62 % des voix qui ont approuvé son rapport d'activité, la sortante Catherine Hoffarth a décidé de se représenter.


Franck Buchy

Parti socialiste En attendant le choix des premiers secrétaires

 

Haut-Rhin : Catherine Hoffarth et Denis Wiesser. Photos Catherine Kohler

Les deux fédérations du Parti socialiste ont tenu leur congrès fédéral. Vendredi soir à Kingersheim pour le Haut-Rhin, hier à Strasbourg pour le Bas-Rhin.

Kingersheim, village des enfants. Quand la première secrétaire fédérale, Catherine Hoffarth, ouvre la séance, l’ambiance est à couper au couteau. Chacun sait que les représentants de la motion Aubry – en tête avec 48% des votes – veulent prendre le contrôle de la fédération. « Le vote de jeudi soir, ce n’était pas le choix d’Aubry, de Delanoë ou de Royal, c’était tuer définitivement Bockel », dénonce Jo Spiegel. Au lieu de se contenter de quelques mots d’accueil, le maire de Kingersheim veut « dire ce qu’il a sur le cœur », dénonçant « une campagne lamentable de haine » contre Catherine Hoffarth. « Je n’ai pas accepté la démarche de Jean-Marie Bockel, mais j’ai de l’amitié pour lui. Et je travaille avec lui à rassembler l’agglomération car les électeurs l’ont choisi comme maire », insiste le président de la Camsa d’une voix blanche. Aucun des nouveaux hommes forts ne prend le risque d’ouvrir le débat. « Vous avez une responsabilité majeure, celle de ne pas casser ce que nous avons mis trente ans à construire », prévient encore Jo Spiegel, en souhaitant « bonne chance à la nouvelle équipe ». Il se rassied, puis partira avant la fin de la réunion. Manque à l’appel : le maire et conseiller régional de Thann Jean-Pierre Baeumler, qui refuse cette logique d’affrontement.Antoine Homé répondra, implicitement, en relativisant « ces petites bisbilles ». « Laissons de côté les blessures, ce qui compte c’est que nous avons fait la preuve qu’on peut débattre sereinement, loyalement », rétorque-t-il sur un ton qui se veut détendu. Mais, après avoir demandé « un ancrage clair à gauche », il confirme que la motion Aubry, qui dispose de la majorité absolue au conseil (12 sièges contre 5 à la motion Royal, 3 à la motion Delanoë et 2 à la motion Hamon) et au bureau fédéral, va présenter un candidat au poste de premier secrétaire.Il s’agit de Denis Wiesser, militant depuis 1983, secrétaire de section et conseiller municipal d’opposition de Soultz, un cheminot retraité de 54 ans, qui veut « se rendre utile et mettre le parti en marche ». « Il saura conserver le cap et une ligne claire », assure Pierre Freyburger. Il bénéficie même du soutien de la motion Utopia (5%), en échange d’un poste de suppléant pour Jacques Marchal au conseil fédéral.La sortante, Catherine Hoffarth, met en avant « son bilan, adopté par 63% des militants, et son appartenance au courant Royal, arrivé en tête au niveau national ». Elle détaille son « plan d’actions fédéral », tout en annonçant qu’elle « fera appliquer la règle du non-cumul pour les régionales ».

Dans le Bas-Rhin, trois prétendants

Strasbourg. Dans le réfectoire de l’Auberge de jeunesse, les jeunes du MJS (qui soutiennent Hamon) chahutent et chantent. Depuis 11h, les camarades de la motion Delanoë, arrivée en tête avec 46% des suffrages, qui rassemble tous les poids-lourds du PS du Bas-Rhin, sont réunis en conclave. Ils n’en sortiront qu’à 15h. « C’est une politique de clan », lâche Eric Elkouby, suppléant et proche collaborateur du député Armand Jung, mécontent que « ni sa section, ni celle de Martine Jung qui représentent 150 votants, ne soient représentés au conseil fédéral ». « Il n’ont pas présenté de liste de candidats », se défend le premier secrétaire sortant, Mathieu Cahn.Ce dernier a dû faire face à la fronde des proches d’Armand Jung, qui lui reprochent d’être à la fois adjoint au maire, vice-président de la Cus, et premier fédéral, et de celle de 13 secrétaires de section en-dehors de Strasbourg, qui déplorent « ne pas être assez entendus ».En fin de réunion, Jean-Michel Auger, qui vient de quitter son poste de directeur de cabinet de Roland Ries pour la CTS, fait acte de candidature. Mais celle-ci fait long feu. Lorsque les tenants de la motion A se disent prêts pour la déclaration de candidatures, ce sont les camarades de la motion Hamon qui décident de se réunir. Dans les couloirs, Olivier Bitz et ses amis qui ont soutenu Royal (4e dans le Bas-Rhin) sont pourtant détendus. « On m’avait dit : tu vas te marginaliser ! », s’amuse le jeune conseiller général, ravi que sa motion arrive en tête au niveau national.Lors des débats à huis-clos, sans la presse, il propose, « dans la logique de rassemblement au niveau national, de soutenir Mathieu Cahn ». « Son bilan est bon et il faut éviter tout risque de bordélisation de la fédération », explique-t-il. « On peut s’engueuler et se réconcilier, mais je ne participerai pas à la destruction du PS », prévient Mathieu Cahn, en rappelant qu’il y avait trois ans, « dans cette fédération, les gens ne se parlaient plus ». Il devra faire face à Pernelle Richardot, représentante de la motion Aubry arrivée 2e, qui se dit « prête à travailler pour créer les conditions d’un rassemblement ». Et à Syamak Agha Babaei, représentant de Benoît Hamon arrivé 3e, qui « ne veut plus d’un parti où il n’y a pas de débats ». Résultat dans les deux fédérations le 20 novembre.


Yolande Baldeweck

09:25 Publié dans Au PS | Lien permanent | |  Facebook | |

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