samedi, 08 novembre 2008

PS : L'Alsace à contre courant

L'ALSACE A CONTRE-COURANT

 

Le vote d'une militante dans la section de Colmar jeudi soir. (Photo DNA - Nicolas Pinot)
Les militants socialistes alsaciens, qui ont placé Bertrand Delanoë en tête dans le Bas-Rhin et Martine Aubry dans le Haut-Rhin, ont voté complètement à contre-courant des résultats nationaux. La face du PS n'en est pas changée pour autant car l'Alsace représente à peine 1 % du nombre total des adhérents.

Il n'y a guère que sur la participation que l'Alsace s'est alignée sur le vote national (respectivement 56 et 55 %), encore que le Haut-Rhin se soit beaucoup plus mobilisé (59,6 % de votants) que le Bas-Rhin (53,8 %). Globalement, l'Alsace donne un léger avantage à Bertrand Delanoë qui arrive en tête dans la région (34 %), suivi de Martine Aubry (31 %), Ségolène Royal (15,85 %) et Benoît Hamon (15,24 %) étant pratiquement ex-æquo. La globalisation régionale des votes n'est cependant pas très significative. Les deux départements ont en effet adopté des stratégies tout-à-fait différentes.
Dans le Bas-Rhin, les militants ont placé Bertrand Delanoë en tête et Martine Aubry en queue des quatre principales motions,

Bertrand Delanoë :
aurait dû mieux faire

Dans le Haut-Rhin, ils ont préféré de loin Martine Aubry, devant Ségolène Royal, Delanoë n'arrivant qu'en troisième position (voir les résultats détaillés dans nos éditions d'hier).
La plupart des grands élus bas-rhinois s'étaient ralliés à la motion du maire de Paris dont le score national est jugé « décevant » par son mandataire local, Roland Ries. « J'espérais qu'il arriverait en tête. Nous sommes face à l'un des scénarios que je redoutais, la dispersion. Cela m'inquiète pour la suite car le parti sera difficilement gouvernable », dit le maire de Strasbourg qui a entendu mercredi soir un Delanoë très confiant appeler les militants à « donner de la force à l'une des motions ». Manque de chance, ce ne fut pas la sienne...
Dans le Bas-Rhin, Delanoë « tire largement son épingle du jeu », selon Ries, même si là aussi on est en deçà des espoirs de majorité absolue. « C'est autour de la motion arrivée largement en tête que va s'organiser le congrès fédéral », ce matin. Hier soir, le sortant Mathieu Cahn, signataire de la motion Delanoë, était le seul candidat déclaré au poste de premier secrétaire fédéral. Pour le conseiller général Olivier Bitz, cependant, ce n'est pas Ségolène Royal qui a fait un mauvais résultat dans le Bas-Rhin (13 %) - « on attendait même moins », dit-il - mais la motion majoritaire, compte tenu des puissants soutiens dont elle bénéficiait.
« Son succès national traduit clairement le décalage entre l'appareil de la rue de Solférino (siège du parti) et la réalité des militants, dit le "royaliste" Olivier Bitz. Beaucoup de ceux qui ont rejoint Delanoë ont pensé que Ségolène Royal était juste un épiphénomène. Or, son score traduit une vraie attente de renouvellement profond. Il faut que ça change au PS ».

Haut-Rhin : la fédération
changera de mains

Dans le Haut-Rhin, le mandataire de Martine Aubry, Antoine Homé, maire de Wittenheim, est extrêmement heureux du résultat qui montre, après la défection de Jean-Marie Bockel, que « le parti reste solidement ancré à gauche. Les militants ont validé notre ligne de clarté politique. On a besoin d'une gauche en Alsace et d'un PS à nouveau audible et crédible ». La motion Aubry, majoritaire dans toutes les instances, a présenté hier comme candidat au poste de 1er secrétaire fédéral, Denis Wiesser, conseiller municipal de Soultz, également soutenu par la motion Utopia (5,15 %), autour duquel « nous appelons à un large rassemblement le 20 novembre », dit Antoine Homé.


Claude Keiflin