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dimanche, 02 novembre 2008
DNA : Congrès du PS
Parti socialiste / Avant le congrès de Reims
Chacun défend sa motion
MATHIEU CAHN
motion A
Bertrand Delanoë
Premier secrétaire sortant du PS 67 et candidat à sa propre succession, Mathieu Cahn défend la motion qu'il juge « la plus cohérente : elle n'est pas basée sur des rassemblements artificiels, ni construite sur des logiques de prise de parti, elle ne fait pas dans la surenchère gauchiste, ni dans la peopolisation à outrance ». Elle annonce « dans la clarté », qui dirigera le parti et de quelle manière il fonctionnera, si elle l'emporte.
« Nous proposons sept conventions nationales qui se termineront par un vote de tous les militants sur des positions claires ; par exemple l'un des débats portera sur la méthode de désignation du candidat socialiste à la présidentielle ».
Il n'y aura pas à Reims de « synthèse molle qui ne dégagera pas d'orientations précises » comme au dernier congrès. Avec Delanoë, fini le parti où chaque membre de la direction « parle trop et n'importe comment ». Il fera respecter le vote des militants et les décisions de la direction.
SYAMAK AGHA BABAEI
motion C
Benoît Hamon
« Les dirigeants du PS n'avaient pas prévu la crise, ils sont dépassés par les événements et peinent à trouver un discours adaptés aux gens en difficulté, dont ils ne ressentent pas la souffrance », dit Syamak Agha Babaei, conseiller municipal de Strasbourg.
Et pourtant, le besoin de gauche n'a jamais été aussi fort. Face à une droite décomplexée et un Sarkozy qui « agit pour son camp », le PS est « absent, inaudible, contaminé par les concepts libéraux et le prêt à porter idéologique : s'il est question d'augmenter les salaires, Delanoë et compagnie se demandent si cela ne va pas faire fuir les capitaux ».
Pourtant, croit le mandataire de la motion C, porter le Smic à 1 500 €, c'est possible et l'État pourrait donner l'exemple dans la fonction publique. « Il y a de l'argent dans ce pays. On ne perdra pas à hausser le niveau de vie des Français. La question de la répartition des richesses est une question politique pertinente ».
ANTOINE HOMÉ,
motion D
Martine Aubry
Pour le maire de Wittenheim et conseiller régional, la motion de « rassemblement » de Martine Aubry incarne « une gauche qui assume ses valeurs » telles que la relance du pouvoir d'achat par les salaires, l'aide au transport et aux familles, l'égalité des territoires, « le retour de la puissance publique dans l'économie », l'école de la République... « La lutte contre les inégalités doit devenir notre pierre angulaire », souligne Antoine Homé qui voit deux priorités émerger de la motion qu'il défend : une social-écologie et une grande réforme fiscale pour répartir les richesses.
Antoine Homé insiste aussi sur la personnalité de Martine Aubry, « femme de conviction » et « élue locale » qui est « loin du spectacle et de la peopolisation » et auteure « de grandes réformes ». Elle incarne à ses yeux ce « leader pugnace » capable de porter « clairement » les positions d'un PS qui doit être « audible et crédible ».
CATHERINE HOFFARTH
motion E
Gérard Collomb
Parmi les six priorités du texte : réconcilier dynamisme économique et progrès social, aller vers une société apaisée, inventer un nouveau monde..., la première secrétaire du PS 68 en retient deux.
La première concerne la « révolution démocratique » que les partisans de Ségolène Royal entendent articuler autour de la démocratie sociale représentative et participative. « Il faut oser aller au bout. Nous ne pouvons pas proposer des idées généreuses sans les appliquer pleinement », insiste Catherine Hoffarth qui cite la liberté de la presse et le non-cumul des mandats. L'autre point saillant pour elle est l'excellence environnementale. « Les socialistes doivent prendre conscience de l'écologie et du développement durable », plaide-t-elle.
Catherine Hoffarth insiste enfin pour que le PS devienne un « vrai parti populaire et de masse », « rajeuni », qui fasse « vivre la mixité » et qui prenne « davantage » en compte les territoires.
NICOLE HERING
motion F
Utopia
« Socialiste, altermondialiste et écologiste », la motion Utopia que soutient la colmarienne Nicole Hering vise à « dépasser le système capitaliste » pour aboutir à « une société juste, fraternelle et solidaire ». « Nous sommes utopistes mais pas irréalistes », prévient l'ancienne conseillère municipale d'opposition en indiquant que les analyses d'Utopia se fondent sur des observations scientifiques.
Ses partisans proposent entre autres l'instauration d'un revenu universel dissocié du travail ainsi qu'une assurance maladie universelle, unique et obligatoire, financée par l'impôt et contrôlée par le Parlement.
Ils défendent encore un scénario "négawatt" et une sortie progressive du nucléaire qui s'appuie sur la sobriété écologique, l'amélioration de l'efficacité énergétique et les énergies renouvelables. Utopia préconise enfin la régularisation de tous les sans papiers.
Claude Keiflin et Franck Buchy
Mode d'emploi
Jeudi 6 novembre : Les militants votent sur les six motions, de 17 à 22h, dans toutes les sections de France ; seuls peuvent voter ceux qui ont adhéré avant le 31 mars. Ensuite se tiennent les congrès fédéraux, le vendredi 7 au soir dans le Haut-Rhin, le samedi 8 dans le Bas-Rhin : ils confirmeront les résultats, établiront la liste des candidats dans les instances du parti et enregistreront les candidatures au poste de 1er secrétaire fédéral.
Du 14 au 16 novembre à Reims : congrès national. Une synthèse générale ou une synthèse partielle peuvent être négociées entre les différentes motions. En l'absence de synthèse générale, la ligne du PS est déterminée par la motion majoritaire.
Jeudi 20 novembre : élection par les militants du 1er secrétaire national, des 1ers secrétaires fédéraux et des secrétaires de section.
Samedi 22 novembre : conseil national pour désigner le bureau et le secrétariat nationaux.
10:03 Publié dans Au PS | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

