vendredi, 12 septembre 2008

Pierre et vacances : négociations

Pierre et Vacances La Camsa à l’heure des négociations de paix

Le dossier Pierre et Vacances est entré dans une phase diplomatique avec la réunion du bureau de la Camsa (Communauté d’agglomération Mulhouse Sud Alsace) hier soir. Quelle que soit l’issue trouvée à cette crise (L’Alsace des 7, 9 et 11 septembre), elle risque de peser sur l’avenir de la grande agglomération mulhousienne. Mercredi soir, treize maires de la Camsa, entourés de quelques autres élus se sont retrouvés pour parler du dossier de Pierre et Vacances. « L’unanimité s’est faite pour laisser au président de la Camsa le soin de conduire cette affaire ». La volonté de certains d’exprimer un soutien affiché à Jo Spiegel a été laissée de côté au profit de la négociation. Les treize réfutent la critique formulée par les opposants au projet selon lesquels, il n’y aurait pas eu assez d’information : « Une fois que la décision a été prise à la majorité pourquoi revenir dessus ? »

« On a brûlé les étapes »

Antoine Homé, maire de Wittenheim,n’est pas d’accord avec cette vision. S’il est prêt à discuter, il refuse de le faire « à partir de diapos » et demande des documents précis. Il « regrette que l’on ait brûlé les étapes » et dénonce « un problème de démocratie, puisque même les conseillers régionaux n’ont pas reçu de documents ». Le maire de Wittenheim avance quatre points de discussion : l’environnement et le respect du Scot, le financement public, le Carreau Rodolphe conservé dans son intégralité et le respect des engagements de la Camsa en matière d’équipements nautiques.

« Pas de politique politicienne »

Antoine Homé réfute vouloir politiser le débat. « Le président n’est pas en cause, nous distinguons l’homme et le projet ». Cet argument laisse sceptique les supporters de Jo Spiegel. « La couleur de cette opposition tourne plus vers le cramoisi que le rose », persifle un maire. « Certains cherchent à politiser ce dossier, mais il ne faut rompre avec personne », plaide Jean Rottner. Le premier adjoint mulhousien défend « ce projet primordial pour toute l’Alsace, pas seulement le sud » et appelle « à ne pas plonger dans la politique politicienne. » Tous les camps se retrouvent pour réfuter l’idée que ce conflit laissera des traces, notamment à propos des négociations futures sur la grande agglomération. « Tirons les leçons pour bâtir l’avenir », dit Jean Rottner pour qui « la construction d’une grande agglomération est nécessaire ». « Mais il faut que cette intercommunalité soit basée sur une gouvernance qui permette la discussion », insiste Antoine Homé. Une discussion qui, si elle traîne, pourrait lasser les autres intervenants dans ce dossier.


Raymond Couraud

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