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mercredi, 16 juillet 2008

DNA : La devise républicaine à Guebwiller

Guebwiller / Les principes fondamentaux de la République sont écrits
Appel à « la vigilance de tous »

 


Les élus guebwillerois ont tenu à rappeler que les valeurs simples de la devise républicaine sont essentielles...
Elle est devenue, en 1880, un symbole officiel inscrit au fronton des édifices publics. Depuis lundi, « liberté, égalité, fraternité » orne le fronton de l'Hôtel de ville de Guebwiller. Par la volonté de la municipalité.

Beaucoup de monde, place de l'Hôtel de Ville en cette fin de matinée, lundi. Beaucoup de Guebwillerois, mais également élus de communes du secteur, ont tenu à s'associer à cet affichage « officiel » de l'idéal républicain. Parmi eux, le député de la circonscription, Michel Sordi, mais aussi Antoine Homé, conseiller régional, sans oublier le commandant André Dubrulle, chef de circonscription de la Police Nationale ou encore l'abbé Paul Thomann, curé de la Communauté de paroisses...
 Pas de discours fleuves : Denis Rebmann, maire de Guebwiller, a simplement expliqué la volonté de la municipalité ( voir ci - contre ). Mais le public a eu droit à une vibrante « Marseillaise » interprétée de façon magistrale par Aude Rothenburger, accompagnée par Raphaël Conrad, Antoine Geyer et Frédéric Arnold, au cours d'une cérémonie « mise en musique » par Marc Parayre. Et puis, surtout, un texte, signé par Véronique Lacoste et Eric Floerke, lu de manière magistrale par Laurent Dolci, parce que ce 14 juillet 2008 revêtait pour Guebwiller « une importance toute particulière ». Alors, Laurent Dolci a rappelé à un auditoire attentif, « l'origine, le sens, la pertinence et l'actualité » de cette devise, « liberté, égalité, fraternité »... Dans un texte dont nous reprenons ici quelques extraits :
 « On trouve, ville basse, une trace évidente du souffle républicain, l'arbre de la liberté, planté à l'époque de la Révolution, en 1848, symbole de l'union des citoyens... Un peu plus haut, « Frei leben oder sterben - vivre libre ou mourir. En la troisième année de la liberté, 1791 - » ont écrit les Jacobins sur l'Eglise Saint - Léger. » rappelait Laurent Dolci.
 Beaucoup pouvaient se demander « pourquoi revenir aujourd'hui sur les termes de cette devise... ». D'autres pourraient penser « qu'elle n'a plus besoin d'être rappelée » continuait l'orateur. Qui donnait la réponse : « le discours qui est tenu aujourd'hui est fait pour secouer les somnolences : liberté, égalité, fraternité sont certes des valeurs nobles, mais elles n'en sont pas moins fragiles et menacées. Proclamées au siècle des Lumières, elles sont des conquêtes de la raison humaine. jamais acquises, elles sont sans cesse affaiblies par des intérêts hostiles à l'idéal républicain... »
 « L'idéal républicain est universel » proclamait encore l'orateur, évoquant l'article premier de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme. « L'esprit de fraternité inspire la concorde et la paix entre les peuples. Mais c'est aussi l'esprit de fraternité qui fait que chacun, isolément, devient un citoyen, capable de voir en l'autre le semblable digne de respect, capable de s'investir pour que nos sociétés connaissent plus de solidarité... »

Un idéal à défendre avec courage et énergie

 Et de continuer : « dans un monde qui tend à transformer chaque individu en un égoïste, replié sur sa vie privée et ses intérêts particuliers ( ... ) dans un monde où ces comportements archaïques que sont le racisme et la xénophobie, font bon ménage avec les technologies les plus sophistiquées, dans un monde où le repli sur des valeurs communautaristes devient souvent le refuge des laissés pour compte de la société, qui ne voit combien il est tout à fait actuel de défendre l'esprit de la fraternité ? (...) Que penser de la persistance de l'inégalité des salaires entre les hommes et les femmes à compétences égales... Que penser de la disparition progressive des services publics dans certaines zones du territoire... Quelle égalité dans l'accès aux soins ou à la justice entre ceux qui habitent les campagnes et les petites localités et ceux qui habitent les grandes villes... Sur un plan plus universel, plus gravement aussi, que dire de ceux qui n'ont même pas accès à l'eau potable ou qui n'ont pas les moyens de se soigner face aux fléaux que sont paludisme et sida... ? Comment assurer l'égalité des droits sans parler de l'égalité des chances dans des sociétés où se creuse toujours davantage l'égalité entre les plus riches et les plus pauvres ? »
 Victor Schoelcher disait « la République n'entend plus faire de distinction dans la famille humaine. Elle n'exclut personne dans son immortelle devise, liberté, égalité, fraternité... » rappelait encore Laurent Dolci. Mais « quand un peu partout dans le monde, les droits de l'homme sont violés régulièrement, quand certains droits chèrement acquis sont systématiquement remis en question, quand les plus démunis ignorent même leurs propres droits, qui ne voit, là encore, combien une égale liberté pour tous les hommes est un idéal qui demande toujours à être défendu avec courage et énergie ? »
 Dans un silence presque religieux, Laurent Dolci terminait en rappelant que « l'actualité de cette devise ne dépend que de nous : ne laissons pas décliner les idéaux qu'elle exprime, soyons décidés à les exprimer avec détermination. N'oublions pas que la liberté n'est pas une affaire purement individuelle. Elle existe tant qu'existe que le combat entre les inégalités mené par chacun dans un esprit de fraternité... »


R.B.

L'esprit et la lettre

 


Denis Rebmann vient de dévoiler la devise républicaine. ( Photo DNA )

« Liberté, égalité, fraternité »... La devise figure aujourd'hui, neuve, sur le fronton de l'Hôtel de Ville de Guebwiller. Même si « son esprit y est présent depuis longtemps... » rappelait Laurent Dolci, lisant un texte signé de Véronique Lacoste et Eric Floerke.
Et, curieusement, cela a sans doute semblé si logique aux élus successifs de la capitale du Florival que personne n'a engagé les démarches pour que ces trois mots chargés de symboles soient « gravés dans » ou « sur » la pierre. Il est vrai aussi que « l'affichage » de cette devise républicaine ne «  revêt aucun caractère obligatoire, malgré plusieurs propositions de loi initiées par différents parlementaires » comme l'a constaté le maire de Guebwiller, Denis Rebmann . Aux côtés de Michel Sordi, député de la circonscription, maire de Cernay, mais aussi d'Antoine Homé, conseiller régional, maire de Wittenheim, il a dit, entouré de des adjoints et des membres du conseil municipal, combien il estimait « important d'afficher fortement, d'une belle formule, les valeurs librement consenties sans lesquelles le « vivre ensemble » n'est que la juxtaposition des attentes et des intérêts particuliers... »
« Liberté, égalité, fraternité donne du sens à notre vie collective en élevant la pensée au-delà de nous - même » soulignait Denis Rebmann. « Cette devise est notre bien commun... Elle fonde aussi notre unité nationale » terminait le maire de Guebwiller.
Lundi, les Guebwillerois ont été nombreux, déjà, à se l'approprier. Et ce bien au - delà des couleurs politiques affichées par les uns et les autres, au - delà, aussi, des « frontières » communales, puisque nombre de maires ou d'élus des communes alentour s'étaient associés à l'événement... Le premier « signe fort » donné par la nouvelle municipalité n'est sans doute que hautement symbolique. Mais force est de constater que « quelque chose a changé » dans la capitale du Florival. Celle que tout le monde appelait « la belle endormie » n'est pas encore « tout à fait une autre ». Mais il faut bien constater, aujourd'hui, qu'elle n'est « plus tout à fait la même »...


R.B.

15:24 Publié dans En Alsace | Lien permanent | |  Facebook | |

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