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dimanche, 13 juillet 2008

DNA et L'Alsace : Dossier "Pierre et vacances"

Restructuration / Écomusée et Bioscope
Élus verts, PS et sans étiquette lancent la fronde

 


« Nous dénonçons un crime contre l'Alsace ». Djamila Sonzogni ne ménage pas ses mots en lançant la fronde contre le projet Écomusée-Bioscope-Pierre et Vacances. L'élue verte au conseil régional a rassemblé autour d'elle une sacrée « brochette d'élus », qui veulent tout faire pour « réorienter » le projet en gestation.
Sous la glycine de la Taverne de l'Écomusée, ils sont tous rassemblés : Pierre Freyburger, conseiller général PS, Antoine Homé, maire de Wittenheim et conseiller régional, Jean-Claude Mensch, maire d'Ungersheim, Martine Diffor et Monique Marchal, conseillères régionales, François Tacquard, conseiller général, Jacques Muller, sénateur, Bertrand Felly, maire de Feldkirch, en présence de bénévoles d'Alsace nature et de Gilles Acker, représentant les salariés de l'Écomusée.

L'origine de leur colère, c'est le projet Pierre et Vacances en gestation sur le site de l'Écomusée. « Ces 500 bungalows que Pierre et Vacances va construire en imposant aux collectivités de construire un aquasite pour 21 M €, dont les frais se partageront entre conseil régional, conseil général et Camsa. Le privé décide ce que le public doit payer, nous ne sommes pas de potiches. Nous n'avons aucun dossier sur le sujet, mais actuellement nous apprenons tout doucement qu'on va devoir payer », protestent ces élus. « L'opinion peut croire que nous sommes au courant, mais nous sommes informés au coup par coup », ajoute Jean-Claude Mensch, dont la commune est propriétaire des 36 hectares sur lesquels Pierre et Vacances veut construire ses cottages, « mais à ce jour, je n'ai pas été sollicité pour leur acquisition ».
Pour les élus, les négociations se font en cercle fermé, le projet avance caché, alors que les collectivités doivent donner un accord global sur ce projet dans les jours à venir.

Un projet « antidémocratique »

Or ces élus ont des idées à faire valoir et des questions : pourquoi ne pas mettre ce village sur une friche minière, que deviendra le carreau Rodolphe dont certains plans montrent la démolition plus ou moins importante alors que la commune d'Ungersheim a demandé son classement en monument historique, ne pourrait-on pas installer du photovoltaïque sur cette immense toiture ? « Le projet est antidémocratique », protestent-ils. Il n'a pas été examiné en conseil régional ni en conseil général du Haut-Rhin. Seuls les élus de la Camsa ont eu droit à une présentation orale.
« Faut-il des financements publics de tel niveau pour un projet privé ? », continue Antoine Homé. « Il y va de la crédibilité de la classe politique », ajoute Jacques Muller « nous sommes devant un nouveau dévoiement de l'argent public. Nous sommes au fond du trou avec le Bioscope et nous continuons à creuser ».
Ces élus attendent maintenant que le dialogue s'engage.


F.Z.

Pierre et Vacances Vent de fronde contre un projet qui « avance masqué »

 


Une «brochette d’élus», dont les maires d’Ungersheim et Feldkirch à gauche, pour qui il est encore temps «d’arrêter ou de réorienter» le projet. Photo Lucien Naegelen

La restructuration du site Bioscope/Écomusée à Ungersheim soulève les critiques d’une « brochette d’élus » de tous bords, pour qui « le privé doit financer le privé », sans l’appui jugé excessif des collectivités.

Dans la moiteur de la mi-juillet, alors que le conseil régional d’Alsace et le conseil général du Haut-Rhin s’apprêtent à émettre un avis de principe sur l’investissement touristico-immobilier de 500 bungalows prévu par Pierre et Vacances entre le Bioscope et l’Écomusée, c’est à une volée de bois vert que le projet a donné lieu hier.

«Un crime contre l’Alsace»

À la Taverne de l’Écomusée, les représentants de l’intergroupe Socialistes et Verts au conseil régional d’Alsace ont créé « le début d’une fronde d’élus » pour empêcher ce que Djamila Sonzogni, conseillère régionale écologiste, a appelé « un crime contre l’Alsace ». À leurs côtés, les maires d’Ungersheim, de Feldkirch et de Wittenheim, ainsi que le sénateur-maire Verts de Wattwiller, Jacques Muller, et les conseillers généraux Pierre Freyburger (PS) et François Tacquard (Indépendants). Les uns et les autres ont exprimé leur volonté de « créer une mobilisation qui touche, en plus des élus toutes opinions politiques confondues, les citoyens et le mouvement associatif », pour défendre, selon l’expression de la conseillère régionale socialiste de Colmar Monique Marchal, « le culturel contre le consumérisme ».

«Sauver le soldat Bioscope»

En cause : la volonté « boulimique » de la Compagnie des Alpes, propriétaire du Bioscope, pour « augmenter sa rentabilité » à travers un investissement immobilier auquel les collectivités alsaciennes se trouvent associées « de façon excessive », mais aussi le « manque de transparence » et la «politique du fait accompli» autour d’un projet qui « avance masqué », selon Jacques Muller. « Pour sauver le soldat Bioscope, expose Djamila Sonzogni, Pierre et Vacances impose au conseil régional, au conseil général du Haut-Rhin et à un nouveau venu, la Camsa (Communauté d’agglomération de Mulhouse Sud-Alsace), d’investir chacun 7 millions d’euros dans un site aquatique tropical, ce qui se fera au détriment d’un projet de stade nautique communautaire envisagé au nord de l’agglomération mulhousienne ». Antoine Homé, le maire de Wittenheim, a fait les comptes : « Cette troisième phase d’engagement des collectivités va porter à près de 60 millions les fonds publics investis » autour de l’opération du Bioscope. Son collègue d’Ungersheim, Jean-Claude Mensch, exprime une « inquiétude » de plus en plus vive sur le probable démantèlement dans ce cadre du carreau Rodolphe, un patrimoine architectural pourtant « unique en Europe ».Face à un projet qui ne vise rien moins, selon Jacques Muller, que la « démolition » de l’Écomusée, le sénateur haut-rhinois dénonce « le nouveau dévoiement de l’argent public ». Le conseiller général de Mulhouse Pierre Freyburger met en cause des « méthodes antidémocratiques ». De son côté, Gilles Acker, potier de l’Écomusée et délégué syndical, a donné lecture d’une lettre des 17 salariés restants (après trois vagues de 11, 57 et 6 départs). Ils y expriment leur déception et leurs craintes. « Quand l’Écomusée ne sera plus qu’un parc de promenade, demandent-ils, que transmettrons-nous à nos enfants ? »


Lucien Naegelen

15:22 Publié dans En Alsace | Lien permanent | |  Facebook | |

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