mardi, 01 juillet 2008
DNA : TGV Rhin-Rhône
Le shunt de Mulhouse pour assurer la performance
En ouverture de la séance publique du conseil régional, Adrien Zeller a redit hier son attachement à la réalisation complète des deux TGV, Est et Rhin-Rhône, « dans les meilleurs délais possibles ». Mais il reste tout aussi attaché au shunt court qui permettra à certains TGV d'éviter Mulhouse et ferait gagner 20 minutes supplémentaires à un Strasbourg-Lyon.
Ce shunt court divise les élus alsaciens. Dans le Haut-Rhin, beaucoup, à commencer par le président du conseil général, Charles Buttner, y sont opposés. « Ce n'est pas un bon projet, il est coûteux (40 millions d'€ environ) et s'avérera inutile si la 2e phase du TGV se réalise. Et s'il est mis en service, il fera peser un risque sur cette deuxième phase qui pourrait ne jamais voir le jour », a insisté hier Antoine Homé (PS), maire de Wittenheim, résumant l'opinion des opposants.
Rhône-Alpes, « un
bel exemple d'égoïsme »
Pour Adrien Zeller, le shunt court fait partie intégrante de la 1e phase du TGV Rhin-Rhône. « Chaque ville d'Alsace doit être desservie de manière juste, selon sa vocation, dit-il. Le shunt est nécessaire pour assurer la performance du TGV Rhin-Rhône auprès de 60 à 70% de la population alsacienne. Y renoncer ne donnerait aucune chance supplémentaire de boucler le financement de la 2e phase ».
Adrien Zeller garantit une intervention financière de la Région Alsace sur les mêmes bases que celles qui ont eu cours pour les premières phases, avec des protocoles similaires. Les difficultés, selon lui, viennent de « certaines des régions les plus riches de France, Rhône-Alpes et l'Ile-de-France, qui sont directement bénéficiaires des deux TGV, mais qui indiquent qu'elles ne participeront pas à la poursuite de ces opérations. Tournez-vous vers vos collègues de Rhône-Alpes (Région à majorité socialiste), un très bel exemple d'égoïsme, poursuit Zeller en s'adressant directement à Antoine Homé. Aidez-nous ! Mais nous ne lâcherons pas la proie (le shunt court) pour l'ombre (la 2e phase) ».
Enfin, le président du conseil régional assure que la Région Alsace « ne saurait sacrifier le TGV au TER et réciproquement ».
Excellent taux d'exécution
Le conseil régional devait aussi adopter hier le compte administratif 2007. Justin Vogel, président de la commission des finances, s'est félicité que le taux d'exécution des interventions soit passé de 81,4 % en 2004 à 94,9 en 2007. « Il est difficile de faire mieux », dit Vogel. Les socialistes ont voté contre le compte administratif. « Le taux d'exécution s'est certes amélioré, Mais la capacité de remboursement des emprunts est passée de 4,8 à 5,2 années », justifie Antoine Homé. Le groupe FN s'est également prononcé contre. « Le pays va mal, l'Alsace ne va pas mieux. C'est une politique de l'esbroufe et du m'as-tu-vu », a dit Martine Binder.
« La situation est difficile, c'est vrai. Comment faire face ? Continuer d'investir et d'innover », dit Adrien Zeller. Le compte administratif a été adopté par 28 voix pour et 18 contre.
C.K.
15:38 Publié dans En Alsace | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note



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